Préparation et riposte aux situations d'urgence

Définitions de cas provisoires révisées pour la notification des cas d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV)

Définitions de cas provisoires au 14 juillet 2015

Les définitions de cas suivantes ont été révisées en fonction des nouvelles informations recueillies depuis la publication des précédentes définitions. L’OMS continuera de réexaminer et de mettre à jour ces définitions à mesure que de nouvelles informations deviendront disponibles.

Il est à noter que ces définitions de cas sont fournies à des fins de classification et de notification. En tant que telles, elles ne doivent pas être considérées comme des recommandations de dépistage (quand et qui tester).

Cas confirmé

Personne présentant une infection confirmée en laboratoire par le MERS-CoV.1

Cas probable

Définition 1

  • Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile, présentant des signes cliniques, radiologiques ou histopathologiques de parenchyme pulmonaire (pneumonie ou syndrome de détresse respiratoire aigu, par exemple)
    ET
    ayant un lien épidémiologique direct2 avec un cas confirmé de MERS-CoV2
    ET
    pour laquelle le test de dépistage du MERS-CoV n’est pas disponible, est négatif sur un seul échantillon inapproprié4 ou se révèle non concluant.4

Définition 2

  • Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile, présentant des preuves cliniques, radiologiques ou histopathologiques de parenchyme pulmonaire (pneumonie ou syndrome de détresse respiratoire aigu, par exemple)
    ET
    résidant ou ayant séjourné au Moyen-Orient, ou dans des pays où l’on sait que le MERS-CoV circule chez le chameau ou dans lesquels des infections chez l’homme se sont récemment produites
    ET
    un test de dépistage en laboratoire du MERS-CoV non concluant (c’est-à-dire positif sans confirmation)3
    ET
    pour laquelle le test de dépistage du MERS-CoV se révèle non concluant.4

Définition 3

  • Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile quelle qu’en soit la gravité
    ET
    ayant un lien épidémiologique direct2 avec un cas confirmé de MERS-CoV
    ET
     pour laquelle le test de dépistage du MERS-CoV se révèle non concluant.4

Notes

1Un cas peut être confirmé en laboratoire par détection de l’acide nucléique viral ou par épreuve sérologique. La présence de l’acide nucléique viral est confirmée si le de résultat de la RT-PCR est positif pour au moins deux cibles génomiques spécifiques ou bien pour une seule cible avec séquençage d’une seconde cible. Un cas est confirmé par épreuve sérologique si elle révèle une séroconversion dans deux échantillons, idéalement prélevés à 14 jours d’intervalle au minimum, au moyen d’un test ELISA ou IFA et d’une épreuve de neutralisation. Néanmoins, il conviendra de consulter les recommandations provisoires pour le dépistage en laboratoire du MERS-CoV pour prendre connaissance des critères les plus récents de confirmation en laboratoire.

2L’existence d’un lien épidémiologique direct avec un cas confirmé de MERS-CoV peut supposer:

  • une exposition associée aux soins médicaux, notamment quand on prodigue directement des soins à des patients infectés par le MERS-CoV, quand on travaille avec des agents de santé infectés par le virus, quand on rend visite à des personnes infectées par le virus ou quand on se trouve dans leur environnement immédiat;
  • le fait de travailler à proximité immédiate ou de partager la même salle de classe que des personnes infectées par le virus MERS-CoV;
  • le fait de voyager avec des personnes infectées par le virus MERS-CoV quel que soit le moyen de transport;
  • le fait de vivre au sein du même foyer qu’une personne infectée par le virus MERS-CoV.
  • Le lien épidémiologique peut être intervenu dans une période de 14 jours avant ou après l’apparition de la maladie affectant le cas considéré.

Le lien épidémiologique peut se produire dans les 14 jours précédant ou suivant l’apparition de la maladie chez le cas en question.

3Un échantillon inapproprié peut être un écouvillon nasopharyngé non accompagné d’un autre échantillon provenant des voies respiratoires inférieures, un échantillon ayant fait l’objet d’une manipulation incorrecte, un échantillon jugé de mauvaise qualité par le laboratoire d’analyses ou un échantillon prélevé trop tardivement au cours de la maladie.

4Un test non concluant peut être:

  • un test de dépistage positif réalisé par RT-PCR pour une seule cible sans autre confirmation;
  • la mise en évidence d’une séroréactivité dans un seul échantillon sérique de patient convalescent, idéalement prélevé au moins 14 jours après l’exposition, au moyen d’un test ELISA ou IFA et d’une épreuve de neutralisation, en l’absence de confirmation moléculaire sur des échantillons prélevés dans les voies respiratoires.

Test non concluant : les patients dont le test de dépistage initial est non concluant devront subir un test virologique et sérologique supplémentaire pour déterminer s’ils doivent être classés comme des cas confirmés de MERS-CoV. Il est fortement conseillé d’utiliser pour cela des échantillons provenant des voies respiratoires inférieures du patient tels que des expectorations, un aspirat endotrachéal ou des fluides de lavage broncho-alvéolaire.

Si ces patients ne présentent aucun signe ou symptôme d’infection des voies respiratoires inférieures et si l’on ne dispose pas d’échantillon provenant de ces voies ou si le prélèvement de tels échantillons n’est pas cliniquement indiqué, il convient de recueillir des échantillons par écouvillonnage nasopharyngé et rhinopharyngé. Si l’analyse initiale de l’échantillon nasopharyngé est négative chez un patient fortement suspecté d’infection par le MERS-CoV, il faudra réaliser un nouveau test sur un échantillon provenant de ses voies respiratoires inférieures ou bien sur un deuxième échantillon nasopharyngé et sur un échantillon oropharyngé supplémentaire si les prélèvements au niveau des voies respiratoires inférieures sont impossibles, ainsi que sur des sérums de phase aiguë et de phase de convalescence appariés.

Cas asymptomatiques: la mise en évidence d’une infection asymptomatique est utile aux investigations épidémiologiques et doit être recherchée dans le cadre des enquêtes menées sur les cas. Néanmoins, les éléments de preuve doivent être plus consistants en raison du risque d’erreur de classification dû à la possibilité d’obtention de tests faux positifs suite à une contamination en laboratoire. En général, pour la plupart des infections virales, on devrait s’attendre, même en cas d’infection bénigne ou asymptomatique, à une réponse du système immunitaire telle que la génération d’anticorps spécifiques et un test de dépistage sérologique devrait donc être utile comme confirmation supplémentaire du diagnostic. Parmi les étapes supplémentaires dans la reconfirmation de cas asymptomatiques, ou de tout cas dont le diagnostic est suspect, pourraient figurer une nouvelle extraction de l’ARN à partir de l’échantillon clinique initial et la recherche de différents gènes cibles du virus, idéalement dans un laboratoire indépendant.