Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
1 juin 2015

Les 24 et 25 mai, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS deux cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS-CoV), dont un mortel.

Informations détaillées sur les cas

  • Un homme de 71 ans, qui n’est pas de nationalité saoudienne et qui habite la ville de Hofuf, a présenté des symptômes le 21 mai alors qu’il était hospitalisé depuis le 10 mai en raison d’une pathologie sans rapport avec le MERS-CoV. L’analyse d’un prélèvement chez ce patient a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 24 mai. Une enquête est en cours pour déterminer s’il a été exposé aux facteurs de risque connus pendant les 14 jours qui ont précédé l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable.
  • Une femme de 68 ans de la ville de Hofuf a été hospitalisée dans un centre de cardiologie le 13 mai en raison de douleurs thoraciques et d’une fièvre. Le 20 mai, alors qu’elle était encore hospitalisée, la patiente a présenté une dyspnée. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 23 mai et la patiente est décédée le 25 mai. Elle présentait d’autres pathologies. Sa famille possède des moutons et des chameaux. Une enquête est en cours pour déterminer si la patiente a été exposée à ces animaux et à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours qui ont précédé l’apparition des symptômes.

La recherche des contacts parmi les membres de la famille et parmi les personnels de santé se poursuit.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également notifié à l’OMS le décès de deux cas de MERS-CoV signalés dans les bulletins du 25 mai (cas n° 1) et du 17 mai (cas n° 1).

À l’échelle mondiale, 1152 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 434 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.