Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Jordanie

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
1 septembre 2015

Du 26 au 28 août 2015, le point focal national RSI pour la Jordanie a notifié à l’OMS 4 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont 1 mortel. Tous ces cas sont associés à une flambée de MERS-CoV qui sévit actuellement dans un hôpital de la ville d’Amman.

Informations détaillées sur les cas:

  • Un homme de 60 ans vivant dans la ville de Djeddah (Arabie saoudite) s’est rendu dans la ville d’Amman (Jordanie) le 28 juillet. Il a présenté des symptômes le 31 juillet et a été admis à l’hôpital le 10 août. Le patient, qui présentait d’autres pathologies, a reçu un traitement symptomatique et est rentré chez lui le 18 août. Les symptômes s’étant aggravés le 20 août, le patient a été admis dans un autre hôpital d’Amman le 23 août. Un prélèvement a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 25 août et le patient est décédé le 27 août. L’enquête visant à déterminer s’il a été exposé à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes est en cours.
  • Un homme de 38 ans de la ville de Koweït (Koweït) s’est rendu à Amman (Jordanie) le 7 août. Il a présenté des symptômes le 12 août et, le 17 août, a été admis à l’hôpital où un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire était hospitalisé (cas N°1 – voir ci-dessus). Depuis son arrivée à Amman, il rendait de fréquentes visites à un proche, hospitalisé dans le même hôpital. Le patient, qui ne présentait pas d’autres pathologies, n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 26 août. Actuellement, le patient placé en unité de soins intensifs est dans un état critique. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques possibles avec le cas indicateur, ou avec des agents de santé communs avec ce cas.
  • Un homme de 76 ans de la ville d’Amman a présenté des symptômes. Le 16 août, du fait de son affection chronique, le patient a été admis à l’hôpital où un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire était hospitalisé (cas N°1 – voir ci-dessus). Il a été renvoyé chez lui le jour même. Le 20 août, le patient a été admis dans le même hôpital pour une intervention médicale liée à son affection chronique et en est sorti le 24 août. Le 25 août, il a présenté des symptômes et a été admis à nouveau dans le même hôpital. Un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 25 août. Actuellement, il est placé en unité de soins intensifs et se trouve dans un état critique. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques possibles avec d’autres cas d’infection par le MERS-CoV admis dans le même hôpital, ou avec des agents de santé communs avec ces cas.
  • Une femme de 47 ans de la ville de Koweït (Koweït) s’est rendue à Amman (Jordanie) le 15 juillet. Elle a été identifiée moyennant le dépistage des contacts d’un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire (cas N°2 – voir ci-dessus). L’analyse d’un prélèvement de la patiente, qui ne présente pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 27 août. Elle est actuellement asymptomatique et placée en isolement à son domicile. La patiente a rendu visite à des proches hospitalisés dans le même hôpital qu’un cas confirmé en laboratoire de MERS-CoV (cas N°1 – voir ci-dessus). Elle n’a été exposée à aucun autre facteur de risque connu.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit pour ces cas. Le point focal national RSI pour la Jordanie a également notifié le cas indicateur au point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite afin que les contacts en Arabie saoudite soient recherchés.

À l’échelle mondiale, 1478 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 516 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

Les autorités de santé publique dans les pays hôtes préparant des rassemblements de masse doivent veiller à ce que toutes les recommandations et orientations publiées par l’OMS sur le MERS-CoV aient été dûment prises en considération et diffusées auprès des responsables concernés. Elles doivent planifier la mobilisation de capacités d’intervention supplémentaires pour s’assurer que les visiteurs participant aux rassemblements de masse puissent être accueillis par les systèmes de santé.