Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Oman

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
4 juin 2015

Le 29 mai 2015, le point focal national RSI pour Oman a notifié à l’OMS un cas supplémentaire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Informations détaillées sur le cas:

Un homme de 75 ans du village d’Al Dahir a présenté des symptômes le 11 mai et a été hospitalisé le 19. Il a reçu un traitement symptomatique et il est sorti le 20 mai. Les symptômes s’aggravant, il a été réadmis dans le même hôpital le 25 mai. Il a donné un test positif à la recherche du MERS-CoV le 29 mai. Le patient n’a pas d’autres pathologies mais c’est un grand fumeur. Il possède un élevage de chameaux et chamelons, et il est en contact fréquent avec eux. Le patient n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours qui ont précédé l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable. La recherche des contacts parmi les membres de la famille et parmi le personnel de santé se poursuit. Les investigations sur les chameaux de l’élevage du cas se poursuivent également.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1155 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 434 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus est potentiellement circulant. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.