Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – République de Corée

Bulletin d’information sur les flambées
5 juin 2015

Le 4 juin 2015, le point focal national RSI de la République de Corée a notifié à l’OMS six cas confirmés supplémentaires de coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV), dont un décès.

Informations détaillées sur les cas :

  • Un homme de 69 ans a commencé à présenter des symptômes le 1er juin alors qu’il était hospitalisé depuis le 28 mai pour une affection sans rapport avec le MERS-CoV. Le patient partageait sa chambre avec un cas de MERS-CoV confirmé au laboratoire qui a été signalé dans le Bulletin du 4 juin (cas N° 1). Il a fourni un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 3 juin.
  • Un homme de 54 ans a commencé à présenter des symptômes le 29 mai. Ceux-ci ont cessé après qu’il a reçu des soins médicaux. Les 15, 22 et 29 mai, le patient s’était rendu chez sa mère, un cas de MERS-CoV confirmé au laboratoire qui a été signalé dans le Bulletin du 30 mai (cas N° 10). Il a fourni un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 3 juin.
  • Un homme de 47 ans a commencé à présenter des symptômes le 21 mai. Il a sollicité des soins médicaux dans différents établissements de santé avant d’être hospitalisé le 1er juin. Le patient est un ami d’un cas de MERS-CoV confirmé au laboratoire (cas N° 2 – voir ci-dessus). Il s’était rendu chez la mère de son ami le 15 mai. Le patient, qui ne présente pas de comorbidités, a fourni un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 3 juin.
  • Une femme de 25 ans exerçant une profession de santé a commencé à présenter des symptômes le 20 mai. La patiente avait prodigué des soins au premier cas du 15 au 17 mai. Elle a fourni un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 3 juin. La patiente est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 38 ans, médecin de profession, a commencé à présenter des symptômes le 31 mai. Le 27 mai, le patient avait été exposé à un cas de MERS-CoV confirmé au laboratoire, signalé dans le Bulletin du 1er juin (cas N° 1). Il a fourni un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 2 juin.
  • Un homme de 82 ans a fourni un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 4 juin. Le patient, qui souffrait d’une toux productive chronique a commencé à présenter une fièvre légère et une dyspnée le 6 mai. Les symptômes s’aggravant, il a été hospitalisé le 9 mai. Du 28 au 30 mai, le patient a été admis dans le même service qu’un cas de MERS-CoV signalé dans le Bulletin du 4 juin (cas N° 1). Le 30 mai, il a été placé en isolement afin d’éviter tout contact proche avec ce cas de MERS-CoV et des soins intensifs lui ont été prodigués. Le patient est décédé le 3 juin.

La recherche des contacts dans les foyers et en milieu de soins est en cours pour ces cas.

À ce jour, 36 cas de MERS-CoV au total, dont trois décès, ont été notifiés à l’OMS par le point focal national RSI de la République de Corée. Un de ces 36 cas a été confirmé en Chine et a également été notifié par le point focal national RSI de la Chine.

Au niveau mondial, depuis septembre 2012, 1185 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés au laboratoire ont été signalés à l’OMS, dont au moins 443 décès en rapport avec la maladie.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.