Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – République de Corée

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
6 juin 2015

Le 5 juin 2015, le point focal national RSI pour la République de Corée a notifié à l’OMS cinq cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont un mortel.

Informations détaillées sur les cas:

  • Un homme de 49 ans a présenté des symptômes le 23 mai alors qu’il était hospitalisé depuis le 14 mai. Ce patient partageait sa chambre avec un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire, signalé dans le bulletin du 4 juin (cas n° 1). L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 31mai.
  • Un homme de 62 ans a présenté des symptômes le 2 juin et s’est rendu aux urgences d’un établissement de santé local le jour même. Auparavant, il avait été hospitalisé entre le 20 et le 28 mai au même étage que quatre patients pour qui l’infection par le MERS-CoV a plus tard été confirmée et notifiée. Le 29 mai, le patient s’est rendu dans un établissement médical local pour des pathologies sans rapport avec le MERS-CoV. Il a été placé en isolement dans une chambre à pression négative le 2 juin. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 3 juin.
  • Un homme de 24 ans a présenté des symptômes le 22 mai. Du 22 au 28 mai, il a été hospitalisé dans la même chambre que deux cas de MERS-CoV déjà confirmés. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 4 juin.
  • Une femme de 70 ans a présenté des symptômes le 31 mai. Le 3 juin, l’infection par le MERS-CoV a été confirmée chez le médecin qui a pris en charge son mari. L’analyse d’un prélèvement réalisée sur la patiente a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 4 juin.
  • Un homme de 45 ans a présenté des symptômes le 4 juin. Le patient a été hospitalisé du 14 au 27 mai pour une pathologie sans rapport avec le MERS-CoV. Il ne présentait aucun symptôme du MERS-CoV mais il a tout de même été placé en isolement chez lui parce qu’il avait été en contact rapproché avec des cas de MERS-CoV à l’hôpital. Le 2 juin, il a été transféré dans un autre hôpital pour y être placé en isolement. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 3 juin.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

Le point focal national RSI pour la République de Corée a également notifié à l’OMS le décès d’un cas de MERS-CoV signalé dans le bulletin du 30 mai (cas n° 3).

À ce jour, 41 cas de MERS-CoV, dont quatre mortels, ont été notifiés à l’OMS par le point focal national RSI pour la République de Corée. L’un de ces cas est celui qui a été confirmé en Chine et également notifié par le point focal national RSI pour la Chine.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1190 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 444 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.