Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Jordanie

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
6 septembre 2015

Du 30 au 31 août 2015, le point focal national RSI pour la Jordanie a notifié à l’OMS deux cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), avec un décès. Ces deux cas sont associés à une flambée de MERS-CoV actuellement en cours dans un hôpital à Amman.

Informations détaillées sur les cas:

  • Une femme de 73 ans de la ville d’Amman a été hospitalisée pour ses pathologies chroniques le 21 août et elle est sortie le 24 de l’hôpital. Il y a une flambée de MERS-CoV dans celui-ci. Le 28 août, la patiente a présenté des symptômes et, le jour même, elle a été réadmise dans le même établissement. Elle a reçu un traitement symptomatique et elle est sortie le 29 août. Ses symptômes s’aggravant, elle est allée dans un autre hôpital où elle a été admise le jour même. Elle a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 31 août. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques possibles avec d’autres cas d’infection par le MERS-CoV admis dans le même hôpital ou avec des agents de santé communs avec ces cas. Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 56 ans de la ville d’Amman a été hospitalisé pour une intervention médicale le 18 août. Il y a une flambée de MERS-CoV dans cet établissement. Pendant son hospitalisation, le 28 août, le patient a présenté des symptômes et a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 30 août. Le patient, qui avait d’autres pathologies, est décédé le 1er septembre. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques possibles avec d’autres cas d’infection par le MERS-CoV admis dans le même hôpital ou avec des agents de santé communs avec ces cas. Il n’avait pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, 1495 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 528 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

Les autorités de santé publique dans les pays hôtes préparant des rassemblements de masse doivent veiller à ce que toutes les recommandations et orientations publiées par l’OMS sur le MERS-CoV aient été dûment prises en considération et diffusées auprès des responsables concernés. Elles doivent planifier la mobilisation de capacités d’intervention supplémentaires pour s’assurer que les visiteurs participant aux rassemblements de masse puissent être accueillis par les systèmes de santé.