Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Philippines

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
8 juillet 2015

Le 6 juillet 2015, le point focal national RSI pour les Philippines a notifié à l’OMS 1 cas confirmé en laboratoire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV).

Informations détaillées sur le cas

Il s’agit d’un homme de 36 ans originaire de Finlande. Du 10 au 18 juin, il a voyagé en Arabie saoudite et a séjourné à Riyad, Djeddah et Dammam. Il avait une toux avant de partir en Arabie saoudite; sur place cependant, il ne s’est pas senti mal et n’a pas consulté. L’enquête est en cours pour déterminer s’il a été exposé à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

Le 18 juin, le patient a quitté l’Arabie saoudite, a passé la nuit à Dubaï, aux Émirats arabes unis, puis a poursuivi son voyage à destination de Manille (Philippines) le 19. Il était asymptomatique à son départ d’Arabie saoudite. Du 20 au 22 juin, il est resté dans les quartiers de Taguig et de Makati à Manille. Les 23 et 24 juin, il est allé de Manille à Penang (Malaisie), via Kuala Lumpur. Le 25 juin, il est parti de Penang à destination de Singapour, puis de Singapour à Manille. Lors de ses voyages entre la Malaisie, Singapour et Manille, il est resté asymptomatique.

Le 30 juin, le patient a développé une fièvre et de la toux et, le 2 juillet, il est allé dans un hôpital où des échantillons ont été prélevés aux fins d’analyses. Contre l’avis médical, il a décidé de quitter l’hôpital. Il est resté chez lui le 3 juillet puis, le 4, il est revenu à l’hôpital chercher les résultats de ses analyses mais le service était fermé. Le patient s’est alors rendu dans un autre hôpital où il a été vu par des professionnels de santé. Une fois le résultat positif pour le MERS-CoV connu le 4 juillet, il a été amené en ambulance dans un troisième établissement et placé en isolement. Actuellement, le patient a de la fièvre mais son état reste stable.

Action de la santé publique

Le Ministère de la santé philippin procède à une recherche active de contacts au niveau de la famille et des personnels de santé. Il recherche aussi activement tous les passagers des vols entre Singapour et Manille.

Les autorités nationales d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ont été informées. Les investigations sur l’éventualité d’une exposition et la recherche des contacts sont en cours. Une surveillance renforcée de la maladie est mise en place.

Situation mondiale

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1368 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 487 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuves d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

Les autorités de santé publique dans les pays hôtes préparant des rassemblements de masse doivent veiller à ce que toutes les recommandations et orientations publiées par l’OMS sur le MERS CoV ont été dûment prises en considération et diffusées auprès des responsables concernés. Elles doivent planifier la mobilisation de capacités d’intervention supplémentaires pour s’assurer que les visiteurs participant aux rassemblements de masse puissent être accueillis par les systèmes de santé.