Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – République de Corée

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
8 juin 2015

Le 6 juin 2015, le point focal national RSI pour la République de Corée a notifié à l’OMS neuf cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Informations détaillées sur les cas:

  • Une femme de 54 ans a présenté des symptômes le 25 mai alors qu’elle était hospitalisée depuis le 19 mai pour une pathologie sans rapport avec le MERS-CoV. Les 19 et 20 mai, la patiente a été hospitalisée dans le service où le premier cas avait été hospitalisé. Entre le 21 et le 28 mai, elle a été transférée à un autre étage, où plusieurs cas de MERS-CoV confirmés en laboratoire ont été notifiés ultérieurement. La patiente, qui souffre d’autres pathologies, a été placée en isolement à l’hôpital désigné au niveau national. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 29 mai.
  • Un homme de 40 ans a présenté des symptômes le 1er juin. Le 27 mai, il avait rendu visite à son fils alors que celui-ci était hospitalisé. Il s’était alors trouvé au même endroit qu’un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire, signalé dans le bulletin du 1er juin (cas n° 1). Le 2 juin, l’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV et le patient a été placé en isolement à l’hôpital désigné au niveau national.
  • Une femme de 68 ans a présenté des symptômes le 2 juin. La patiente a reçu des soins médicaux le 27 mai pour des pathologies sans rapport avec le MERS-CoV. Elle s’est rendue aux urgences d’un hôpital et est rentrée chez elle après le traitement. À l’hôpital, la patiente s’est trouvée à proximité d’un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire, signalé dans le bulletin du 1er juin (cas n° 1). On l’a avertie qu’elle avait été exposée à un cas et on lui a demandé de s’isoler chez elle et de porter un masque. Le 2 juin, lorsque les symptômes sont apparus, la patiente s’est rendue aux urgences d’un autre hôpital, où elle a été placée en isolement pour être traitée. La patiente a ensuite été transférée dans un autre hôpital pour poursuivre son traitement et placée en isolement aux soins intensifs. Le 4 juin, l’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV
  • Un homme de 65 ans a présenté des symptômes le 1er juin. Ces symptômes n’étaient toutefois pas respiratoires. Du 28 au 30 mai, le patient a été admis aux urgences et dans le même service qu’un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire, signalé dans le bulletin du 4 juin (cas n° 1). Le patient a été placé en isolement à l’hôpital le 2 juin puis transféré dans une chambre à pression négative le 3 juin. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 3 juin.
  • Une femme de 24 ans, qui est professionnelle de la santé, a présenté des symptômes le 29 mai. Elle s’est occupée de patients sur un étage où se trouvaient plusieurs cas de MERS-CoV confirmés en laboratoire. Elle a été placée en isolement chez elle le 28 mai. L’analyse d’un prélèvement sur la patiente, déjà atteinte d’autres pathologies, a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 5 juin.
  • Une femme de 51 ans a présenté des symptômes le 1er juin. Du 18 au 28 mai, elle a été admise dans un hôpital où plusieurs cas de MERS-CoV ont été notifiés. Elle a été placée en isolement le 1er juin. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 5 juin.
  • Un homme de 39 ans a présenté des symptômes le 31 mai. Le patient a rendu visite à sa femme alors qu’elle était hospitalisée aux urgences. Celle-ci a été placée dans la même chambre qu’un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire, signalé dans le bulletin du 1er juin (cas n° 1). L’analyse d’un prélèvement effectué sur le mari a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 4 juin.
  • Un homme de 75 ans a été admis, le 27 mai, aux urgences d’un hôpital où plusieurs cas de MERS-CoV confirmés en laboratoire ont été notifiés. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 4 juin. Une enquête est en cours.
  • Une femme de 81 ans a été admise, le 27 mai, aux urgences d’un hôpital où plusieurs cas de MERS-CoV confirmés en laboratoire ont été notifiés. L’analyse d’un prélèvement a donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 4 juin. Une enquête est en cours.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

À ce jour, 50 cas de MERS-CoV, dont quatre mortels, ont été notifiés à l’OMS par le point focal national RSI pour la République de Corée. L’un de ces cas est celui qui a été confirmé en Chine et également notifié par le point focal national RSI pour la Chine.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1204 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 448 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.