Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS-CoV) – Qatar

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
10 mars 2016

Le 21 février 2016, le point focal national RSI pour le Qatar a notifié à l’OMS un cas supplémentaire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV).

Informations détaillées sur le cas

Un ressortissant qatari de 66 ans a présenté des symptômes le 18 février en Arabie saoudite, pays dans lequel il séjournait depuis 2 mois environ. Le 19 février, le patient s’est rendu dans un hôpital de la région d’El-Hassa, en Arabie saoudite, où il a reçu un traitement symptomatique avant d’être autorisé à rentrer chez lui. Il a présenté des symptômes supplémentaires le 20 février. Son état se détériorant, il a été transféré par ambulance le jour même à un hôpital de Doha au Qatar. Le patient, qui était un grand fumeur et avait d’autres pathologies, a donné un test positif à la recherche du MERS-CoV le 21 février. Il est décédé le 7 mars.

Le patient possédait des chameaux en Arabie saoudite et se rendait souvent dans ce pays pour les voir. Dans ses antécédents, il avait fréquemment été en contact avec des chameaux et consommé du lait cru de chamelle. Il n’avait pas d’antécédents d’exposition à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

Le Ministère de la santé publique du Qatar a mené des investigations sur le cas et des recherches de contacts. Des échantillons ont été prélevés par écouvillonnage des voies respiratoires chez les contacts du patient parmi les membres de la famille et parmi les personnels de santé. Ils ont donné des résultats négatifs pour le MERS-CoV. Les contacts parmi les membres de la famille ont fait l’objet d’un suivi jusqu’au terme des 14 jours de la période d’exposition au cas.

Des messages d’éducation sanitaire sur les mesures de prévention à prendre ont été communiqués à l’ensemble des contacts. Il leur a été demandé de respecter les mesures de prévention du MERS-CoV recommandées et de signaler tout symptôme respiratoire aux autorités de santé. Le Ministère de la santé publique a renforcé les mesures de prévention et de lutte contre l’infection dans tous les établissements de santé.

Le point focal national RSI pour l’Arabie saoudite a été informé et des investigations sont en cours sur les contacts et sur les chameaux que le patient possédait en Arabie saoudite. Aucun des contacts au sein du foyer identifiés en Arabie saoudite de la famille n’a présenté de symptômes. Suite à la notification de l’événement, le Ministère de l’agriculture de l’Arabie saoudite a mené une investigation sur les chameaux concernés. Des écouvillons ont été prélevés sur les bêtes, mais les résultats de laboratoire ne sont pas encore connus.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1652 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 591 mortels.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne change pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux (par exemple, à des dromadaires), à des produits du règne animal ou à une source humaine (par exemple, dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de faire des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.