Préparation et riposte aux situations d'urgence

Fièvre jaune – République démocratique du Congo

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
11 avril 2016

Le 22 mars 2016, le point focal national RSI pour la République démocratique du Congo (RDC) a notifié à l’OMS des cas de fièvre jaune (FJ) en relation avec la flambée en cours en Angola.

Du début janvier au 22 mars 2016, au total 151 cas suspects de fièvre jaune, avec 21 décès (taux de létalité: 14%) ont été signalés par le système de surveillance national. Sur ces 151 cas suspects, 9 ont été confirmés par sérologie (recherche des IgM) à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa.

Compte tenu de la possibilité de réactions croisées avec d’autres arbovirus, les échantillons positifs ont été envoyés à l’Institut Pasteur de Dakar pour confirmation et 4 ont été positifs à l’infection. Sur les 4 cas confirmés à Dakar, 3 étaient importés d’Angola et ont été détectés dans les régions de Nsona-Pangu, Kimpese et Kitona dans la province du Kongo Central (auparavant Bas-Congo). Cette province est limitrophe de l’Angola.

Action de la santé publique

Le Ministère de la santé de la RDC a activé le Comité national pour la gestion des flambées épidémiques afin de riposter à cet événement. Les activités entreprises comportent la mise en place de mécanismes de coordination, la mobilisation sociale, l’engagement des communautés, le renforcement de la surveillance par la formation des personnels de santé, la diffusion des définitions de cas, le dépistage et les contrôles sanitaires aux points d’entrée et le contrôle du statut vaccinal des réfugiés. D’autres activités visent la vaccination de toutes les personnes se rendant en Angola, le renforcement de la lutte antivectorielle et la prise en charge des cas.

Avec l’appui de l’OMS et des partenaires, le pays a élaboré un plan d’urgence afin d’améliorer la préparation du pays pour une riposte éventuelle à des cas importés d’Angola. Une visite d’une équipe interdisciplinaire sur le terrain au Kongo-Central est prévue afin d’organiser des investigations approfondies sur les cas et de renforcer la préparation d’une stratégie de vaccination réactive.

Évaluation du risque par l’OMS

La RDC se situe dans une zone géographie d’endémie connue de la FJ et elle signale régulièrement des cas autochtones. Depuis janvier 2016, des cas suspects autochtones ont été enregistrés dans les provinces du Bas-Uélé, de l’Équateur, du Kasaï-Central et du Tshuapa.

Le rapport faisant état de cas de fièvre jaune chez des voyageurs de retour d’Angola souligne le risque de propagation internationale de la maladie. À ce stade, les informations disponibles n’indiquent pas l’établissement d’un cycle de transmission en RDC. Néanmoins, la présence du vecteur compétent (les moustiques de l’espèce Aedes aegypti), la forte proportion de personnes sensibles à l’infection et l’intensité des déplacements de la population à destination et en provenance de l’Angola constituent un risque de propagation ultérieur de la maladie en RDC.

L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de mener une évaluation du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

L’OMS prie instamment les États Membres, en particulier ceux où l’établissement d’un cycle local de transmission est possible (c’est-à-dire là où le vecteur compétent est présent), de renforcer les contrôles du statut vaccinal de tous les voyageurs à destination de zones d’endémie potentielle.

Sur la base des informations disponibles, l’OMS ne recommande pas d’appliquer à la RDC de restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux.