Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
13 novembre 2015

Du 26 octobre au 1er novembre 2015, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 7 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV), avec un décès.

Informations détaillées sur les cas

  • Une ressortissante étrangère de 28 ans, agent de santé dans la ville de Hofuf, a présenté des symptômes le 18 octobre et a été placée le jour même en isolement à son domicile. Ses symptômes s’aggravant, le 23 octobre elle a été hospitalisée dans l’établissement où elle travaille. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 28 octobre. Placée en unité de soins intensifs, elle est actuellement dans un état critique. Elle travaille dans un hôpital où il y a eu une flambée de MERS-CoV et elle a dispensé des soins à des cas d’infection confirmés en laboratoire (voir les cas Nos 5 et 7 du bulletin du 29 octobre). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une femme de 56 ans de la ville de Riyad a été identifiée par la recherche des contacts alors qu’elle était asymptomatique. La patiente, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 26 octobre. Placée en isolement à son domicile, la patiente est actuellement toujours asymptomatique. Elle a été en contact avec un cas confirmé d’infection par le MERS-CoV (voir le cas N° 2 du bulletin publié le 29 octobre). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant la détection.
  • Une ressortissante étrangère de 24 ans, agent de santé dans la ville de Riyad, a présenté des symptômes le 23 octobre et a été hospitalisée le 24. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 26 octobre. Placée en isolement à son domicile, elle est actuellement dans un état stable. Elle a été en contact avec un cas confirmé d’infection par le MERS-CoV (voir le cas N° 3 du bulletin publié le 29 octobre). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant la détection.
  • Un homme de 81 ans de la ville de Hofuf a présenté des symptômes le 22 octobre alors qu’il était hospitalisé pour des pathologies sans rapport avec le MERS-CoV depuis le 18 septembre. Il y a eu une flambée de MERS-CoV dans cet établissement. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 27 octobre. Placé en unité de soins intensifs, il est actuellement dans un état critique. L’enquête sur les liens épidémiologiques éventuels avec des cas hospitalisés ou avec des agents de santé communs se poursuit. Le patient n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 57 ans de la ville de Hofuf a été hospitalisé pour une pathologie chronique le 15 octobre et a été autorisé à sortir de l’établissement le 22. Il y a eu une flambée de MERS-CoV dans cet hôpital. Le patient a présenté des symptômes le 24 octobre a été hospitalisé le 25 dans un autre établissement. Il a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 26 octobre. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.L’enquête sur les liens épidémiologiques éventuels avec des cas hospitalisés ou avec des agents de santé communs se poursuit. Le patient n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 61 ans de la ville de Hofuf a présenté des symptômes le 20 octobre alors qu’il était hospitalisé pour des pathologies sans rapport avec le MERS-CoV depuis 2007. Il y a eu une flambée de MERS-CoV dans cet hôpital. Il a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 22 octobre et il est décédé le 30. L’enquête sur les liens épidémiologiques éventuels avec des cas hospitalisés ou avec des agents de santé communs se poursuit. Le patient n’avait pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une ressortissante étrangère de 36 ans, agent de santé dans la ville de Hofuf, a présenté des symptômes le 15 octobre et a été hospitalisée le 16 dans l’établissement où elle travaille. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 23 octobre. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. Elle travaille dans un hôpital où il y a eu une flambée de MERS-CoV et elle a dispensé des soins à des cas d’infection confirmés en laboratoire (voir les cas Nos 5 et 7 du bulletin du 29 octobre). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également notifié à l’OMS le décès de 3 cas de MERS CoV décrits dans le précédent bulletin du 29 octobre (cas Nos 5, 7 et 10).

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1618 cas d’infection par le MERS CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 579 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë.

Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.