Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
15 février 2019

Du 1er au 31 janvier 2019, le point focal national du Règlement sanitaire international (RSI) pour l’Arabie saoudite a notifié 14 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont trois décès. Les détails concernant ces cas sont indiqués dans un autre document après ce paragraphe (voir le lien). Sur les 14 cas notifiés en janvier, huit appartiennent à trois groupes distincts. Le groupe 1 implique 3 cas (listés en tant que cas 1, 2 et 3) dans la Province de Riyad et le groupe 2 implique deux cas (listés en tant que cas 4 et 5) dans la ville de Djeddah. Le Groupe 3 implique trois cas (listés en tant que cas 11, 13 et 14 dans la ville de Wadi Aldwaser et se poursuit. Le prochain bulletin donnera de nouveaux détails sur la flambée à Wadi Aldwaser et la mise en place d’interventions par le Ministère de la santé d’Arabie saoudite.

Les détails concernant ces cas sont indiqués dans un autre document (voir lien ci-dessous)

Pour la période allant de 2012 au 31 janvier 2019, le nombre total de cas de MERS-CoV confirmés en laboratoire et notifiés à l’OMS à l’échelle mondiale au titre du RSI (2005) s’établit à 2298, dont 811 décès. Le nombre total des décès englobe ceux dont l’OMS a eu connaissance jusqu’à présent grâce au suivi avec les États Membres affectés.

Évaluation du risque par l’OMS

Les infections par le MERS-CoV peuvent entraîner une maladie grave et une forte mortalité. Les êtres humains s’infectent par contact direct ou indirect avec des dromadaires. La capacité de ce virus à se transmettre d’une personne à l’autre a été démontrée. Jusqu’à présent, la transmission interhumaine non durable a été observée principalement dans le cadre des soins de santé.

Au 15 février 2019, une flambée de syndrome respiratoire du Moyen-Orient est en cours à Wadi Aldwaser (cas 11, 13 et 14 indiqués dans le document accessible par le lien ci-dessus). L’OMS donnera des détails sur les cas supplémentaires dans le cadre de cette flambée et les mesures prises par le Ministère de la santé. La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection par le MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des exportations de la maladie se poursuivent par le biais de personnes susceptibles de contracter l’infection après exposition à des dromadaires, à des produits dérivés de ces animaux (par exemple la consommation de lait cru de chamelle) ou à des personnes (par exemple dans le cadre des soins de santé). L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de mener des évaluations du risque fondées sur les informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Sur la base de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS préconise aux États Membres de continuer la surveillance des infections respiratoires aiguës et d’examiner attentivement toute présentation inhabituelle.

Les mesures de lutte contre l’infection et de prévention sont fondamentales pour éviter la propagation éventuelle du MERS CoV dans les établissements de santé. Il n’est pas toujours possible d’identifier les patients porteurs du MERS-CoV à un stade précoce car, comme pour les autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les personnels de santé doivent donc toujours appliquer les précautions standards avec tous les patients, quel que soit le diagnostic. Celles-ci devront être complétées par les précautions contre les gouttelettes pour dispenser des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Ils y adjoindront aussi les précautions pour éviter les contacts et le port d’une protection oculaire quand ils s’occupent de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV. Des précautions aériennes devront également être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols. L’identification précoce, la prise en charge et l’isolement des cas, associés à des mesures suffisantes de lutte contre l’infection et de prévention, peuvent éviter la transmission interhumaine du MERS-CoV.

Le MERS-CoV semble provoquer une maladie plus grave chez les sujets atteints de diabète, d’insuffisance rénale, de maladie pulmonaire chronique et d’immunodépression. Par conséquent, ces personnes doivent éviter les contacts rapprochés avec les animaux, notamment les dromadaires, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés, dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. Il faut aussi appliquer les mesures générales d’hygiène, comme se laver systématiquement les mains avant d’être en contact avec un animal et après l’avoir touché. On évitera de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de dromadaire, ou encore de consommer de la viande qui n’a pas été assez cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial aux points d’entrée et ne recommande pas non plus pour l’instant l’application de restrictions aux voyages ou au commerce.