Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
16 janvier 2019

Du 1er au 31 décembre 2018, le point focal national du Règlement sanitaire international (RSI) pour l’Arabie saoudite a notifié cinq cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Les détails concernant ces cas sont indiqués dans un autre document (voir le lien ci-dessous).

Pour la période allant de 2012 au 31 décembre 2018, le nombre total de cas de MERS-CoV confirmés et notifiés à l’OMS à l’échelle mondiale au titre du RSI (2005) s’établit à 2279, dont 806 décès. Le nombre total des décès englobe les décès dont l’OMS a eu connaissance jusqu’à présent grâce au suivi avec les États Membres affectés.

Évaluation du risque par l’OMS

Les infections par le MERS-CoV peuvent entraîner une maladie grave et une forte mortalité. Les êtres humains s’infectent par contact direct ou indirect avec des dromadaires. La capacité de ce virus à se transmettre d’une personne à l’autre a été démontrée. Jusqu’à présent, la transmission interhumaine non durable a été observée principalement dans le cadre des soins de santé.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection par le MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des exportations de la maladie se poursuivent par le biais de personnes susceptibles de contracter l’infection après exposition à des dromadaires, à des produits dérivés de ces animaux (par exemple la consommation de lait cru de chamelle) ou à des personnes (par exemple dans le cadre des soins de santé). L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de mener des évaluations du risque fondées sur les informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Sur la base de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS préconise aux États Membres de continuer la surveillance des infections respiratoires aiguës et d’examiner attentivement toute présentation inhabituelle.

Les mesures de lutte contre l’infection et de prévention sont fondamentales pour éviter la propagation éventuelle du MERS CoV dans les établissements de santé. Il n’est pas toujours possible d’identifier les patients porteurs du MERS-CoV à un stade précoce car, comme pour les autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les personnels de santé doivent donc toujours appliquer les précautions standards avec tous les patients, quel que soit le diagnostic. Celles-ci devront être complétées par les précautions contre les gouttelettes pour dispenser des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Ils y adjoindront aussi les précautions pour éviter les contacts et le port d’une protection oculaire quand ils s’occupent de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV. Des précautions aériennes devront également être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Le MERS-CoV semble provoquer une maladie plus grave chez les sujets atteints de diabète, d’insuffisance rénale, de maladie pulmonaire chronique et d’immunodépression. Par conséquent, ces personnes doivent éviter les contacts rapprochés avec les animaux, notamment les dromadaires, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés, dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. Il faut aussi appliquer les mesures générales d’hygiène, comme se laver systématiquement les mains avant d’être en contact avec un animal et après l’avoir touché. On évitera de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de dromadaire, ou encore de consommer de la viande qui n’a pas été assez cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial aux points d’entrée et ne recommande pas non plus pour l’instant l’application de restrictions aux voyages ou au commerce.