Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Royaume d’Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
16 juillet 2019

Entre le 1er et le 31 mai 2019, le point focal national RSI (Règlement sanitaire international) pour l’Arabie saoudite a notifié 14 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont cinq décès. Sur les 14 cas notifiés, quatre étaient associés à deux groupes distincts. Le groupe 1 comprend deux cas (les cas 6 et 7) vivant dans le même foyer à Alkharj (région de Riyadh), et le groupe 2 comprend un patient (le cas 9) et un agent de santé (le cas 11) à Riyadh.

Le lien ci-dessous fournit des détails sur les 14 cas notifiés :

De 2012 au 31 mai 2019, à l’échelle mondiale, un total de 2442 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire et 843 décès associés ont été notifiés à l’OMS dans le cadre du RSI. Le nombre total de décès comprend les décès dont l’OMS a connaissance à ce jour grâce au suivi avec les États Membres affectés.

Évaluation des risques par l’OMS

L’infection par le MERS-CoV peut causer une maladie grave entraînant une mortalité élevée. Les êtres humains sont infectés par le MERS-CoV par contact direct ou indirect avec des camélidés infectés. Le MERS-CoV a démontré sa capacité de transmission entre êtres humains. Jusqu’à présent, la transmission d’homme à homme non durable observée s’est produite principalement dans des structures de soins.

La notification de ces cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation globale des risques. L’Organisation s’attend à ce que d’autres cas d’infection par le MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient, et à ce que des cas continuent d’être exportés vers d’autres pays par des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des camélidés, à des produits animaux (par exemple en consommant du lait de chamelle cru) ou à des êtres humains (dans un établissement de santé ou des contacts familiaux, par exemple).

L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et évalue le risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Sur la base de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS préconise à tous les États Membres de continuer la surveillance des infections respiratoires aiguës et d’examiner attentivement toute présentation inhabituelle.

Il est crucial de mettre en œuvre des mesures de lutte contre l’infection pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de santé. Il n’est pas toujours possible d’identifier les patients porteurs de ce virus à un stade précoce car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes de l’infection par le MERS-CoV ne sont pas spécifiques. Les agents de santé doivent donc appliquer systématiquement les précautions standard avec tous les patients, quel que soit leur diagnostic, et les compléter avec des précautions contre les gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Ils doivent aussi adjoindre à ces mesures des précautions visant à éviter le contact et doivent veiller à porter une protection oculaire quand ils s’occupent de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV ; enfin, des précautions aériennes s’imposent lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

L’identification précoce, la prise en charge et l’isolement des cas, associés à des mesures appropriées de lutte contre l’infection, peuvent prévenir la transmission interhumaine du MERS-CoV.

Le MERS-CoV entraîne une maladie plus grave chez les personnes atteintes de maladies chroniques sous-jacentes telles que le diabète sucré, l’insuffisance rénale, les maladies pulmonaires chroniques et l’immunodépression. Par conséquent, ces personnes doivent éviter les contacts rapprochés non protégés avec les animaux, en particulier les dromadaires, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables où l’on sait que le virus est potentiellement en circulation. Il faut aussi appliquer des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal, et éviter le contact avec des animaux malades.

Les règles d’hygiène alimentaire doivent également être appliquées : éviter de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de dromadaire, et éviter de consommer de la viande insuffisamment cuite.

L’OMS ne préconise pas de dépistage spécial aux points d’entrée en rapport avec cette flambée et ne recommande pas non plus pour l’instant l’application de restrictions aux voyages et au commerce.