Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées
16 juin 2015

Entre le 9 et le 12 juin 2015, le point focal national RSI du Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 3 cas supplémentaires d’infection par un coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), parmi lesquels 1 décès.

Informations détaillées sur les cas:

  • Un homme de 77 ans, originaire de la ville d’Hofuf a présenté des symptômes le 26 mai. Le 27 mai, il a été admis dans un hôpital qui était le théâtre d’une flambée de MERS-CoV. À cette occasion, aucun prélèvement n’a été effectué sur lui pour dépister ce virus. Le patient a reçu un traitement symptomatique et a été autorisé à quitter l’établissement le 31 mai. Le 10 juin, les symptômes sont réapparus et il a été admis dans un autre hôpital au cours de la même journée. Ce malade, qui présentait des comorbidités, a donné un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 11 juin, jour où son décès est intervenu. L’investigation de ses antécédents d’exposition à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes est en cours.
  • Une femme de 60 ans, originaire de la ville d’Hofuf, a manifesté des symptômes le 2 juin et a été admise à l’hôpital le 8 du même mois. Cette patiente, qui présentait des comorbidités, a donné un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 9 juin. Entre le 26 mai et le 7 juin, elle a rendu visite à sa fille dans un hôpital où sévissait une flambée de MERS-CoV. Sa fille, qui avait été hospitalisée pour une pathologie sans lien avec ce virus, n’a pas présenté de symptômes associés au MERS-CoV. Actuellement, la patiente est dans un état stable dans une chambre d’isolement en pression négative d’un service hospitalier.
  • Un homme de 73 ans, originaire de la ville de Turubah, a manifesté des symptômes le 23 mai et a été admis dans un hôpital de Djedda le 1er juin. Ce patient, qui présentait des comorbidités, a donné un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 8 juin. Il n’avait aucun antécédent de contact avec des chameaux ; néanmoins, il avait eu des contacts fréquents avec des ovins et avait consommé du lait cru de ces animaux. Il n’avait pas d’antécédent d’exposition à d’autres facteurs de risque connus au cours des 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Actuellement, ce patient est dans un état critique dans une unité de soins intensifs.

La recherche des contacts dans les foyers et en milieu de soins est en cours pour ces 3 cas.

Le point focal RSI pour le Royaume d’Arabie Saoudite a aussi notifié à l’OMS le décès de 2 cas de MERS-CoV précédemment déclarés. Ces cas avaient été signalés dans un bulletin d’information précédent, en date du 11 juin (cas Nos 1 et 5)

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, il était notifié à l’OMS 1292 cas confirmés en laboratoire d’infection par un MERS CoV, parmi lesquels au moins 458 décès associés.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par un MERS CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par un MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus est potentiellement circulant. On appliquera des mesures générales d’hygiène comme le lavage systématique des mains avant et après avoir touché un animal et on évitera les contacts avec des animaux malades.

On observera aussi des règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande n’ayant pas subi une cuisson suffisante.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.