Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
18 mars 2016

Du 11 au 12 mars 2016, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 6 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV). Trois d’entre eux sont asymptomatiques et liés à la flambée de MERS-CoV en cours dans un hôpital de la ville de Buraidah.

Informations détaillées sur les cas

  • Un homme de 48 ans de la ville de Hail a présenté une pathologie sans rapport avec le MERS-CoV le 8 mars et a été hospitalisé le 9. Le 10, alors qu’il était hospitalisé, il a présenté des symptômes et a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 11. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient, qui a d’autres pathologies, est actuellement dans un état stable. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une femme de 74 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 3 mars et a été hospitalisée le 9. La patiente, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 1ermars. Placée en unité de soins intensifs, elle est actuellement dans un état critique. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 83 ans de la ville d’Al Makhwah a été hospitalisé à Djeddah pour une pathologie sans rapport avec le MERS-CoV le 6 mars. Le 8, alors qu’il était hospitalisé, il a présenté des symptômes et a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 10. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient, qui a d’autres pathologies, est actuellement dans un état stable. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une ressortissante étrangère de 31 ans, agent de santé dans la ville de Buraidah, a été identifiée comme étant asymptomatique lors de la recherche des contacts de cas de MERS-CoV. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, travaille dans l’hôpital où une flambée de MERS CoV est en cours. Elle a donné un résultat positif à la recherche du virus le 11 mars. Placée en isolement à son domicile, la patiente est toujours asymptomatique. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques éventuels avec des cas de MERS-CoV admis dans cet hôpital.
  • Une ressortissante étrangère de 29 ans, vivant de santé dans la ville de Buraidah, a été identifiée comme étant asymptomatique lors de la recherche des contacts de cas de MERS-CoV. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, travaille comme agent de nettoyage dans l’hôpital où une flambée de MERS-CoV est en cours. Elle a donné un résultat positif à la recherche du virus le 10 mars. Placée en isolement à son domicile, la patiente est toujours asymptomatique. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques éventuels avec des cas de MERS-CoV admis dans cet hôpital.
  • Une ressortissante étrangère de 25 ans, agent de santé dans la ville de Buraidah, a été identifiée comme étant asymptomatique lors de la recherche des contacts de cas de MERS-CoV. La patiente, qui a d’autres pathologies, travaille dans l’hôpital où une flambée de MERS CoV est en cours. Elle a donné un résultat positif à la recherche du virus le 10 mars. Placée en isolement à son domicile, la patiente est toujours asymptomatique. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques éventuels avec des cas de MERS-CoV admis dans cet hôpital.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également notifié à l’OMS le décès de 3 cas d’infection par le MERS-CoV décrit dans des bulletins précédents, le 16 mars (cas N° 1 et N° 7) et le 14 mars (cas N° 1).

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1690 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 603 mortels.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne change pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux (par exemple, à des dromadaires), à des produits du règne animal ou à une source humaine (par exemple, dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de faire des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.