Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Jordanie

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
18 septembre 2015

Du 7 au 10 septembre 2015, le point focal national RSI pour la Jordanie a notifié à l’OMS cinq cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV), dont deux décès.

Informations détaillées sur les cas

  • Un homme de 78 ans de la ville d’Amman a présenté des symptômes le 26 août et a été hospitalisé le 1er septembre. Le patient est fréquemment venu consulter pour ses pathologies chroniques dans cet établissement où sévit une flambée de MERS-CoV. Il est décédé le 4 septembre et la recherche du MERS-CoV a donné un résultat positif le 5 septembre. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques possibles avec d’autres cas d’infection par le MERS CoV admis dans le même hôpital ou avec des agents de santé communs avec ces cas. Il n’avait pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 53 ans de la ville d’Amman a présenté des symptômes le 27 août et a été hospitalisé le 5 septembre. Le patient, qui avait d’autres pathologies et était un grand fumeur, a donné un test positif à la recherche du MERS-CoV le 8 septembre. Il est décédé le 7. L’enquête est en cours pour déterminer s’il avait été exposé à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une fillette de 7 ans de la ville d’Amman a donné un test positif à la recherche du MERS-CoV le 10 septembre alors qu’elle était asymptomatique. Elle est toujours asymptomatique et sous observation dans une chambre à pression négative d’un hôpital. Cette patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, est un contact d’un cas confirmé en laboratoire (cf. cas N° 2 ci-dessus). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une fillette âgée de 10 mois de la ville d’Amman a présenté des symptômes le 9 septembre. Elle a été hospitalisée le 10 et ce même jour, elle a donné un test positif à la recherche du MERS-CoV. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. Cette patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, est un contact d’un cas confirmé en laboratoire (cf. cas N° 2 ci-dessus). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une femme de 65 ans de la ville d’Amman a présenté des symptômes le 3 septembre et a été hospitalisée le 9. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 10 septembre. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. Elle a rendu visite à un cas confirmé en laboratoire d’infection par le MERS-CoV (cf. cas N° 3 du Bulletin publié le 1er septembre) dans l’établissement confronté à une flambée de MERS-CoV. Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

Le point focal national RSI de Jordanie a également notifié à l’OMS le décès d’un cas de MERS CoV décrit dans le précédent Bulletin du 1er septembre (cas N° 3).

À l’échelle mondiale, 1569 cas d’infection par le MERS CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 554 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

Les autorités de santé publique dans les pays hôtes préparant des rassemblements de masse doivent veiller à ce que toutes les recommandations et orientations publiées par l’OMS sur le MERS-CoV aient été dûment prises en considération et diffusées auprès des responsables concernés. Elles doivent planifier la mobilisation de capacités d’intervention supplémentaires pour s’assurer que les visiteurs participant aux rassemblements de masse puissent être accueillis par les systèmes de santé.