Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Thaïlande

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
20 juin 2015

Le 18 juin 2015, le point focal national RSI pour la Thaïlande a notifié à l’OMS le premier cas d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) dans le pays.

Informations détaillées sur le cas:

Il s’agit d’un homme de 75 ans, originaire d’Oman, qui s’est rendu en Thaïlande, au départ d’Oman, pour s’y faire soigner. Les symptômes sont apparus le 10 juin et ce patient, qui souffre déjà d’autres pathologies, a été hospitalisé à Oman. Ne constatant aucune amélioration de son état, il a décidé de partir en Thaïlande pour s’y faire soigner.

Il a pris l’avion avec trois membres de sa famille et est arrivé à Bangkok le 15 juin. Ni le patient ni les personnes qui l’accompagnaient n’ont signalé avoir de la fièvre à leur arrivée en Thaïlande. Le patient a été hospitalisé le 15 juin et il a donné un résultat positif au test de dépistage du MERS-CoV le 18 juin. Ce même jour, les trois membres de sa famille et lui ont été placés en isolement dans un établissement de santé. Le patient est actuellement dans un état stable.

Mesures de santé publique

Les autorités nationales thaïlandaises prennent actuellement les mesures de santé publique suivantes :

  • étude et renforcement des mesures de lutte contre l’infection à l’hôpital où le patient a été initialement admis;
  • recherche des contacts dans les familles des patients et parmi le personnel soignant;
  • activation du centre d’opérations d’urgence et des unités de préparation à la riposte.

Les deux pays concernés, la Thaïlande et Oman, échangent également des informations sur cet événement.

Situation à l’échelle mondiale

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1334 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 471 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc systématiquement appliquer les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë.

Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV. Les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique, ainsi que les individus immunodéprimés, seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV.

Ces personnes devront donc éviter tout contact rapproché avec les animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, des marchés, des étables ou des écuries, où l’on sait qu’une circulation du virus est possible. Il convient par ailleurs de respecter les mesures d’hygiène générale, comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire, en évitant notamment de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau et de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.