Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Autriche

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
20 septembre 2016

Le 8 septembre 2016, le point focal national RSI pour l’Autriche a notifié à l’OMS un cas confirmé en laboratoire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV). Il s’agit du deuxième cas de MERS-CoV en Autriche (le premier cas de MERS-CoV en Autriche a été notifié le 30 septembre 2014).

Informations détaillées sur le cas signalé

Le patient est un homme de 67 ans, venant d’Arabie saoudite (dont il est ressortissant et où il réside), qui est arrivé à Vienne (Autriche) le 4 septembre 2016. L’apparition des symptômes (fièvre et toux) date du 6 septembre. Le patient, qui présente une autre pathologie, a été hospitalisé le 7 septembre; il est atteint d’une grave pneumonie. Placé en isolement, il est actuellement dans un état critique.

L’infection par le MERS-CoV a été confirmée le 8 septembre par PCR en temps réel (PCR (upE, ORF1b et N) par le laboratoire de référence à Vienne.

Le patient, qui est éleveur de chameaux, a eu des contacts confirmés avec des chameaux en Arabie saoudite dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Le cas n’a pas été en contact avec des centres de santé en Arabie saoudite dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

Action de santé publique

Le point focal national RSI pour l’Arabie saoudite a été informé par l’OMS. Les points focaux nationaux RSI pour l’Autriche et l’Arabie saoudite ont entrepris une investigation et une recherche des contacts dans les deux pays. En outre, en Arabie saoudite, le Ministère de l’agriculture a été informé et une investigation sur les chameaux est en cours. Des échantillons ont été prélevés sur les chameaux qui ont été placés en quarantaine.

Évaluation du risque par l’OMS

Sur la base des informations actuellement disponibles concernant ce cas unique signalé en Autriche, il existe un risque d’impact grave sur la santé publique étant donné que le MERS CoV a été à l’origine de graves infections chez l’homme entraînant une forte mortalité; il a aussi démontré sa capacité à se transmettre d’une personne à l’autre, en particulier dans les établissements de soins, avec le risque potentiel de provoquer des flambées à grande échelle. L’évaluation du risque sera actualisée au fur et à mesure de la disponibilité de nouvelles informations.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.