Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Le 25 décembre 2013, l’OMS a été informée de cinq cas supplémentaires, confirmés en laboratoire, d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) en Arabie saoudite.

L’un des cas concerne un homme de 57 ans de Riyad qui a été hospitalisé le 17 décembre 2013 et se trouve actuellement en unité de soins intensifs. La confirmation du laboratoire a été donnée le 19 décembre. Il a des affections chroniques sous-jacentes. Il n’a pas eu d’exposition connue à des animaux ou à un cas confirmé en laboratoire et n’a pas non plus voyagé en dehors de la région de Riyad.

Le deuxième cas est un ressortissant national de 73 ans, de Riyad, qui a développé des symptômes respiratoires et a été transféré dans une unité de soins intensifs le 25 novembre 2013. Il est décédé le 17 décembre. Son infection par le MERS-CoV a été confirmée en laboratoire le 19 décembre. Il n’avait pas eu d’expositions connues à des animaux ou à un cas confirmé en laboratoire et n’avait pas voyagé en dehors de Riyad.

Trois autres cas (deux hommes et une femme) sont des agents de santé qui n’ont signalé aucun symptôme.

Le 26 décembre, l’OMS a été informée d’un nouveau cas confirmé d’infection par le MERS-CoV aux Émirats arabes unis (EAU). Par ailleurs, les EAU ont annoncé le décès de l’homme de 68 ans, dont le cas avait été notifié le 22 décembre 2013.

Ce nouveau cas est une femme de 59 ans de Sharjah, épouse de l’homme de 68 ans signalé le 22 décembre 2013. Selon les informations disponibles, elle n’a pas de symptômes, pas d’antécédents de contacts avec des animaux et n’a pas voyagé. Elle est actuellement hospitalisée en isolement. Le dépistage a été appliqué à d’autres contacts avec des résultats négatifs pour le MERS-CoV.

À l’échelle mondiale, de septembre 2012 jusqu’à présent, l’OMS a été informée au total de 176 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV, parmi lesquels il y a eu 74 décès.

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS invite tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Il est conseillé aux personnels soignants de rester vigilants. Conformément aux recommandations actuelles en matière de surveillance, le dépistage du MERS-CoV devrait être appliqué aux voyageurs revenus récemment d’un séjour au Moyen-Orient et chez lesquels une IRAS apparaît.

Les patients diagnostiqués et notifiés jusqu’à présent ont eu comme affection primaire une maladie respiratoire. La diarrhée est couramment signalée et les complications sévères comprennent l’insuffisance rénale et le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) avec choc. Il est possible que les patients souffrant d’une immunodéficience sévère présentent des signes et symptômes atypiques.

Il est rappelé aux établissements de soins l’importance de l’application systématique des mesures de prévention et de lutte contre les infections. Les établissements soignant des patients chez lesquels une infection par le MERS-CoV est suspectée ou confirmée doivent prendre les mesures appropriées pour réduire le risque de transmission de ce virus à d’autres patients, aux personnels soignants et aux visiteurs.

Il est rappelé à tous les États Membres qu’ils doivent évaluer et notifier rapidement à l’OMS tout nouveau cas d’infection par le MERS-CoV en lui communiquant également les informations relatives aux expositions pouvant avoir entraîné l’infection, ainsi que la description de l’évolution clinique. Il convient d’entreprendre sans délai les investigations pour identifier le mode d’exposition, de façon à éviter que le virus ne continue de se transmettre.

Les personnes exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV devraient éviter les contacts rapprochés avec des animaux lorsqu’elles se rendent dans des fermes ou des élevages situés dans des zones où l’on sait que le virus peut être en circulation. Pour le grand public qui visite une ferme ou un élevage, il faut appliquer les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux, éviter les contacts avec des animaux malades et observer les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas actuellement d’appliquer des restrictions aux voyages ou au commerce.

L’OMS a convoqué un Comité d’urgence en application du Règlement sanitaire international (RSI) pour conseiller le Directeur général sur l’état de la situation actuelle. Ce Comité, qui réunit des experts venant de toutes les Régions de l’OMS, a formulé à l’unanimité l’avis que, compte tenu des informations disponibles, les conditions n’étaient pas remplies pour l’instant pour déclarer que l’on se trouvait devant une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).