Préparation et riposte aux situations d'urgence

Infection à virus Zika – Haïti

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
21 janvier 2016

Le 18 janvier 2016, le point focal national RSI pour Haïti a notifié à l’OPS/OMS cinq cas d’infection à virus Zika confirmés en laboratoire. Sur les 5 cas confirmés, 4 proviennent de la commune de Delmas et le cinquième de la commune de Pétion-Ville. Des échantillons prélevés sur ces patients ont été envoyés au laboratoire de l’Agence de santé publique dans les Caraïbes à Trinité-et-Tobago pour y être analysés. Tous les cas ont été confirmés par la méthode de la réaction en chaîne par polymérase après transcription inverse (RT PCR).

En outre, entre le 4 et le 12 janvier 2016, le point focal national RSI pour l’Allemagne a notifié à l’OPS/OMS deux cas d’infection à virus Zika chez des Allemands qui s’étaient rendus en Haïti et étaient revenus en Allemagne fin décembre. Des échantillons de ces deux patients ont été prélevés et envoyés au laboratoire du Centre national de référence des maladies tropicales en Allemagne pour y être analysés. L’un des cas a été confirmé par RT-PCR et par épreuve sérologique, l’autre seulement par épreuve sérologique.

Action de santé publique

Les autorités sanitaires en Haïti sont en train de mettre en place les mesures suivantes:

  • intensification des activités de surveillance;
  • mise en place de mesures de lutte antivectorielle;
  • information du public sur les risques associés au virus Zika et incitation à prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les piqûres de moustique.

Conseils de l’OMS

La présence de gîtes larvaires (sites de ponte des moustiques) à proximité des habitations humaines constitue un risque important pour l’infection à virus Zika. La prévention et la lutte s’appuient sur la réduction de la reproduction des moustiques à la source (en éliminant ou en modifiant les gîtes larvaires) et sur la diminution du contact entre les moustiques et les êtres humains.

On peut y parvenir en réduisant le nombre d’habitats naturels ou artificiels remplis d’eau dans lesquels prospèrent les larves de moustiques, en réduisant les populations de moustiques adultes autour des communautés exposées au risque et en prenant des mesures de protection comme l’usage de répulsifs, de panneaux moustiquaires, la fermeture des portes et des fenêtres et le port de vêtements à manches et à jambes longues.

Comme les moustiques du genre Aedes (le principal vecteur de la transmission) piquent pendant la journée, il est recommandé de protéger ceux qui dorment aussi le jour, notamment les jeunes enfants, les malades ou les personnes âgées, avec des moustiquaires imprégnées ou non d’insecticide.

Lors des flambées, on peut procéder périodiquement, conformément aux orientations techniques données par l’OMS, à des pulvérisations spatiales d’insecticide pour tuer les moustiques en vol conformément aux orientations techniques données par l’OMS. Les insecticides qui conviennent (recommandés par le système OMS d’évaluation des pesticides – WHOPES) peuvent aussi être utilisés comme larvicides pour traiter des contenants relativement grands où l’eau s’accumule, lorsque cela est techniquement indiqué.

Les personnes et plus particulièrement les femmes enceintes se rendant dans des zones à haut risque doivent prendre les précautions de base pour se protéger des piqûres de moustiques : produits répulsifs, port de vêtements clairs, à manches et à jambes longues, panneaux moustiquaires fixés aux ouvertures pour empêcher les moustiques d’entrer.

Sur la base des informations actuellement disponibles, l’OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec Haïti.