Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
21 novembre 2014

Entre le 12 et le 16 octobre 2014, l’OMS a été informée par le point focal national RSI d’Arabie saoudite de 5 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont 2 mortels.

Informations détaillées sur les cas

1. Une infirmière de 42 ans, non ressortissante d’Arabie saoudite, de la ville de Taif, qui a présenté les symptômes le 13 octobre. Elle a été hospitalisée le 14 octobre. La patiente a été exposée à un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire. Elle présente d’autres pathologies mais n’a pas d’antécédents de contact avec des chameaux ou de consommation de produits crus dérivés du chameau. Elle n’a pas non plus d’antécédents de voyage dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Elle est actuellement dans un état stable et en isolement.

2. Un homme de 60 ans de la ville de Taif qui a présenté les symptômes le 14 octobre. Il était hospitalisé le même jour. Le patient présentait d’autres pathologies. Le 8 octobre, il a été dialysé dans la même pièce qu’un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire. Il n’avait pas d’antécédents de contact avec des chameaux ou de consommation de produits crus dérivés du chameau. Il n’avait pas non plus d’antécédents de voyage dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il est décédé le 15 octobre.

3. Un homme de 82 ans de la ville de Hawtah Bani Tamim qui a présenté les symptômes le 3 octobre. Le 5 octobre, il s’est rendu à l’hôpital de la ville d’Alkharj, où il est demeuré pendant 6 jours. Il s’est ensuite rendu en voiture à Riyadh, où il a été hospitalisé le 11 octobre 2014. Le patient présente d’autres pathologies. Il n’a pas eu de contacts avec des animaux mais habite une région où les élevages de chameaux sont nombreux. De plus, le patient a consommé du lait de chamelle cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il n’a pas d’antécédents de voyage dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il est actuellement dans un état stable.

4. Un homme de 44 ans, de la ville de Riyadh, qui a présenté les symptômes le 7 octobre. Il a été hospitalisé à Riyadh le 11 octobre 2014. Le patient présente d’autres pathologies. Il a des contacts fréquents avec des animaux mais n’a pas eu de contacts avec des chameaux ni consommé du lait de chamelle cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Le patient s’est rendu à Damman dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il est actuellement en soins intensifs.

5. Un homme de 70 ans, de la ville d’Al Huwaya, qui a présenté les symptômes le 8 octobre. Il a été hospitalisé dans la ville de Taif le 10 octobre. Le patient présentait d’autres pathologies. Il avait été en contact avec des animaux mais n’avait pas d’antécédents de contacts avec des chameaux et n’avait pas consommé de produits du chameau crus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Le patient n’avait pas d’antécédents de voyage dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Dans un état critique, il a été admis en soins intensif avant de décéder le 28 octobre.

La recherche des contacts des membres de la famille ayant été en contact avec les cas et des contacts parmi les personnels de santé se poursuit.

Les 5 cas susmentionnés, dont 2 mortels, avaient déjà été pris en compte dans le bulletin du 7 novembre sur le MERS-CoV. Le nombre total de cas et de décès reste donc inchangé. À l’échelle mondiale, 909 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 331 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë.

Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus est potentiellement circulant.

On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.