Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
21 septembre 2016

Entre le 23 août et le 11 septembre 2016, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié cinq (5) cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Informations détaillées

  • Un homme de 55 ans, ressortissant saoudien, de la ville d’Arar, région de la frontière nord, a présenté des symptômes le 3 septembre et a été hospitalisé le 8. Le patient, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 10 septembre. Il a été en contact avec des chameaux et a consommé du lait cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Le Ministère de l’agriculture a été informé et une investigation portant sur les chameaux est en cours.
  • Un homme de 65 ans, ressortissant saoudien, de la ville de Riyadh, région de Riyadh, a présenté des symptômes le 29 août et a été hospitalisé le 4 septembre. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 5 septembre. Il a été en contact avec des chameaux dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Le Ministère de l’agriculture a été informé et une investigation portant sur les chameaux est en cours.
  • Un homme de 40 ans, non saoudien, de la ville d’Hofouf, région d’Al Ahssa, a présenté des symptômes le 15 août et a été hospitalisé le 28 août. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 30 août. Il travaille sur un marché de chameaux et a été en contact avec ces animaux et a consommé du lait cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé sous assistance respiratoire dans une unité de soins intensifs, le patient est actuellement dans un état critique. Le Ministère de l’agriculture a été informé et une investigation portant sur les chameaux est en cours.
  • Un homme de 69 ans, ressortissant saoudien, de la ville deTaif, région deTaif, a présenté des symptômes le 21 août et a été hospitalisé le 24 août. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 25 août. L’enquête est en cours sur une exposition aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 43 ans, ressortissant saoudien, de la ville d’Hriymala, région de Riyadh, a présenté des symptômes le 12 août, mais a donné un résultat négatif à la recherche du MERS-CoV le 13 août. Du fait de la persistance des symptômes, il a été hospitalisé le 17 août et a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 21 août. Le patient, qui ne présente pas d’autres pathologies, est un contact familial d’un cas signalé précédemment (voir le bulletin d’information du 16 septembre, cas N° 2). Il n’a pas d’autres antécédents d’exposition aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable.

Pour ces cas, la recherche des contacts familiaux et des contacts parmi le personnel de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1806 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 643 mortels.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux (par exemple à des dromadaires), à des produits d’origine animale ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de faire des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.