Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
22 juin 2016

Entre le 19 et le 20 juin 2016, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS six cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Quatre des nouveaux cas notifiés sont associés à la flambée de MERS-CoV qui sévit actuellement dans un hôpital de Riyad (région de Riyad) (voir le Bulletin d’information publié le 21 juin).

Informations détaillées sur les cas

  • Une femme de 34 ans, ressortissante étrangère, travaillant en tant qu’agent de santé dans l’hôpital où a actuellement lieu la flambée de MERS-CoV et vivant dans la ville de Riyad (région de Riyad). Elle ne présente pas de symptômes et a été identifiée par la recherche des contacts parmi le personnel de santé. La patiente, qui a soigné le cas indicateur, a obtenu un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 20 juin. Ce cas n’a pas d’antécédents d’exposition aux autres facteurs de risque connus au cours des 14 jours précédant le dépistage. Placée en isolement à domicile, elle est actuellement dans un état stable.
  • Une femme de 31 ans, ressortissante étrangère, travaillant en tant qu’agent de santé dans l’hôpital où a actuellement lieu la flambée de MERS-CoV et vivant dans la ville de Riyad (région de Riyad). Elle ne présente pas de symptômes et a été identifiée par la recherche des contacts parmi le personnel de santé. La patiente, qui a soigné le cas indicateur, a obtenu un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 20 juin. Ce cas n’a pas d’antécédents d’exposition aux autres facteurs de risque connus au cours des 14 jours précédant le dépistage. Placée en isolement à domicile, elle est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 51 ans, de nationalité saoudienne, vivant dans la ville de Taïf (région de Taïf). Il a présenté des symptômes le 15 juin et a été hospitalisé le 17 juin. Le patient, qui a d’autres pathologies, a obtenu un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 19 juin. Les investigations sur les antécédents d’exposition aux facteurs de risque connus au cours des 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuivent. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable.
  • Une femme de 32 ans, ressortissante étrangère, travaillant en tant qu’agent de santé dans l’hôpital où a actuellement lieu la flambée de MERS-CoV et vivant dans la ville de Riyad (région de Riyad). Elle présente des symptômes bénins et a été identifiée par la recherche des contacts parmi le personnel de santé. La patiente, qui a soigné le cas indicateur, a obtenu un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 19 juin. Ce cas n’a pas d’autres pathologies ni d’antécédents d’exposition aux autres facteurs de risque connus au cours des 14 jours précédant le dépistage. Placée en isolement à domicile, elle est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 42 ans, de nationalité saoudienne, vivant dans la ville de Riyad (région de Riyad). Il a présenté des symptômes le 16 juin. Le patient, qui a d’autres pathologies, a obtenu un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 18 juin. Il est l’un des contacts familiaux d’un cas notifié précédemment (voir le Bulletin d’information publié le 21 juin, cas N° 2). Il n’a pas d’autres antécédents d’exposition aux facteurs de risque connus au cours des 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement à domicile, ce cas est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 44 ans, de nationalité saoudienne, vivant dans la ville de Najran (région de Najran). Il a présenté des symptômes le 4 juin et a été hospitalisé le 16 juin. Le patient, qui n’a pas d’autres pathologies mais est fumeur, a obtenu un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 18 juin. Les investigations sur les antécédents d’exposition aux facteurs de risque connus au cours des 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuivent. Placé en unité de soins intensifs, le patient est actuellement dans un état critique, sous assistance respiratoire.

Pour ces cas, la recherche des contacts familiaux et des contacts parmi le personnel de santé se poursuit.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a aussi informé l’OMS du décès d’un cas de MERS-CoV notifié dans un précédent Bulletin d’information le 19 juin (cas N° 1).

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1768 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 630 mortels.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux (par exemple à des dromadaires), à des produits d’origine animale ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de faire des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.