Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
22 octobre 2015

Du 10 au 13 octobre 2015, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 4 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV). Ces 4 cas viennent du même quartier de la ville de Riyad.

Informations détaillées sur les cas

  • Une ressortissante étrangère de 26 ans a présenté des symptômes le 1er octobre et a été hospitalisée le 8. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un test positif à la recherche du MERS CoV le 9 octobre. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. L’enquête est en cours pour déterminer si elle a été exposée à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une ressortissante étrangère de 27 ans a présenté des symptômes le 1er octobre et a été hospitalisée le 10. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un test positif à la recherche du MERS CoV le 11 octobre. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. Elle est un contact vivant au domicile d’un cas confirmé en laboratoire d’infection par le MERS-CoV (cf. cas N° 1 ci dessus). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une ressortissante étrangère de 26 ans a présenté des symptômes le 7 octobre et a été hospitalisée le 11. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un test positif à la recherche du MERS CoV le 12 octobre. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. Elle est un contact vivant au domicile de deux cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV (cf. cas Nos 1 et 2 ci-dessus). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une ressortissante étrangère de 26 ans a présenté des symptômes le 10 octobre et a été hospitalisée le 11. La patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un test positif à la recherche du MERS CoV le 12 octobre. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable. Elle vit dans la même zone que trois cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV (cf. cas Nos 1, 2 et 3 ci-dessus). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi le personnel de santé se poursuit.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également notifié à l’OMS le décès de 3 cas de MERS CoV décrits dans les précédents bulletins du 27 septembre (cas N° 13), du 17 septembre (cas N° 9) et du 2 septembre (cas N° 1).

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1599 cas d’infection par le MERS CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 574 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë.

Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

Les autorités de santé publique dans les pays hôtes préparant des rassemblements de masse doivent veiller à ce que toutes les recommandations et orientations publiées par l’OMS sur le MERS-CoV aient été dûment prises en considération et diffusées auprès des responsables concernés.

Elles doivent planifier la mobilisation de capacités d’intervention supplémentaires pour s’assurer que les visiteurs participant aux rassemblements de masse puissent être accueillis par les systèmes de santé.