Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – République de Corée

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
24 mai 2015

Le 20 mai 2015, le point focal national RSI pour la République de Corée a notifié à l’OMS le premier cas d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV), confirmé en laboratoire. Le 21 mai, deux autres cas confirmés ont été notifiés.

Informations détaillées sur les cas:

Le premier cas est un homme de 68 ans dont les déplacements ont été les suivants : 18-29 avril, Bahreïn ; 29-30 avril, Émirats arabes unis ; 30 avril-1er mai, Bahreïn ; 1er-2 mai, Royaume d’Arabie saoudite ; 2 mai, Bahreïn ; et 2-3 mai, Qatar. Le patient est arrivé le 4 mai à l’aéroport international d’Incheon en Corée via le Qatar. Il était alors asymptomatique. Le patient a développé des symptômes le 11 mai et a consulté en externe dans un dispensaire du 12 au 15 mai. Il a été hospitalisé le 15 mai et autorisé à rentrer chez lui le 17 mai. Le soir de sa sortie, il s’est rendu au service d’urgence d’un autre hôpital.

Un échantillon d’expectoration a été déclaré positif pour le MERS CoV le 20 mai, suite à quoi le patient a été transféré vers le centre de traitement désigné au niveau national et placé en isolement. Il n’a pas été exposé à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Des investigations sont en cours pour établir la source de l’infection.

Deux cas supplémentaires d’infection par le MERS-CoV ont été confirmés en laboratoire le 21 mai. L’un est un membre de la famille. L’autre est un patient qui a partagé sa chambre d’hôpital avec le premier cas. À l’heure actuelle, les trois patients sont dans un état stable.

La recherche des contacts parmi les membres de la famille et parmi le personnel de santé se poursuit pour ces cas.

À l’échelle mondiale, 1134 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS dont au moins 427 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.