Préparation et riposte aux situations d'urgence

Poliovirus circulant de type 2 dérivé d’une souche vaccinale – Mozambique

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
25 janvier 2019

Le 17 janvier 2019, deux isolats de poliovirus circulants de type 2 dérivés d’une souche vaccinale (PVDVc2) génétiquement apparentés ont été signalés dans le district de Molumbo, province de Zambezia, au Mozambique. Le premier provenait d’un cas de paralysie flasque aiguë (PFA), une fille âgée de six ans sans historique de vaccination, dont la maladie est apparue le 21 octobre 2018. Le second a été retrouvé chez un contact du premier cas au sein de leur communauté, un enfant âgé d’un an.

Action de santé publique

L’OMS et ses partenaires aux niveaux régional et national aident le Ministère de la santé et les autorités locales de santé publique à mener une enquête approfondie sur le terrain (clinique, épidémiologique et immunologique), à évaluer plus clairement l’étendue et la source initiale de la circulation de ce virus et à mieux planifier et soutenir la mise en œuvre d’une riposte, conformément aux protocoles internationaux de riposte aux flambées épidémiques.

Alors que la couverture nationale de la vaccination systématique par le vaccin antipoliomyélitique oral de type 3 (VPO3) en 2017 était estimée à 80 %, l’immunité de la population demeure lacunaire aux niveaux infranationaux, en particulier dans la province de Zambézia (avec une couverture par le VPO3 de 60 %).

Évaluation du risque par l’OMS

L’OMS a estimé que le risque global pour la santé publique au niveau national était élevé en raison de la diminution de l’immunité de la population contre le poliovirus de type 2, et que le risque de propagation internationale était modéré en raison des mouvements de population en continu.

La détection du PVDVc2 souligne l’importance de maintenir une couverture vaccinale systématique élevée partout dans le monde pour réduire au minimum le risque et les conséquences d’une circulation de poliovirus quel qu’il soit ; elle met également en évidence le risque que pose une transmission du virus à un niveau modéré ou faible. Une riposte énergique est nécessaire pour arrêter rapidement la circulation du poliovirus et pour assurer une couverture vaccinale suffisante dans les zones touchées afin d’éviter que des flambées épidémiques similaires ne se reproduisent à l’avenir. L’OMS continuera d’évaluer la situation épidémiologique et les mesures de riposte mises en œuvre.

Conseils de l’OMS

Il est important que tous les pays, notamment ceux qui ont fréquemment des contacts par les voyages avec des pays ou des zones où sévit la poliomyélite, renforcent la surveillance des cas de paralysie flasque aiguë afin de détecter rapidement toute nouvelle importation du virus et d’organiser une riposte rapide. Les pays, territoires et zones devraient également maintenir une couverture uniformément élevée de la vaccination systématique au niveau des districts pour limiter le plus possible les conséquences d’une nouvelle introduction du virus.

Voyages internationaux et santé L’OMS recommande aux voyageurs en provenance de pays exempts de poliomyélite de s’assurer, avant de se rendre dans des régions où la transmission du poliovirus est active, qu’ils ont reçu la série de vaccinations antipoliomyélitiques adaptée à leur âge, conformément au calendrier de vaccination national. Les voyageurs qui se rendent dans des régions infectées par la poliomyélite et qui ont reçu une série de vaccins VPO ou VPI plus de 12 mois auparavant doivent recevoir une dose unique de rappel du vaccin antipoliomyélitique. Avant de se rendre à l’étranger, les personnes de tous âges résidant dans des pays infectés par la poliomyélite (c’est-à-dire avec une transmission active du poliovirus sauvage ou dérivé d’une souche vaccinale) et les visiteurs prévoyant de séjourner longtemps (plus de quatre semaines) dans ces pays doivent avoir reçu une série complète de vaccins antipoliomyélitiques en accord avec le calendrier national. Les voyageurs en provenance de zones infectées doivent recevoir une dose supplémentaire de VPO ou de VPI dans un délai de quatre semaines à 12 mois suivant leur voyage pour renforcer l’immunité de la muqueuse intestinale et réduire le risque d’excrétion du poliovirus, ce qui pourrait entraîner la réintroduction du poliovirus dans une zone sans poliomyélite. Pour les personnes qui ont seulement reçu le VPI auparavant, il est préférable d’utiliser le VPO pour le rappel, s’il est disponible et si c’est faisable. Les voyageurs entreprenant un déplacement impératif de dernière minute qui n’ont pas reçu de dose de vaccin antipoliomyélitique documentée au cours des 12 derniers mois doivent recevoir une dose de VPO ou de VPI avant leur départ. Des mises à jour sur les pays actuellement ou récemment infectés sont disponibles sur le site Web de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite.

Conformément à l’avis du Comité d’urgence convoqué en vertu du Règlement sanitaire international (2005), les efforts visant à limiter la propagation internationale du poliovirus doivent se poursuivre puisqu’il demeure une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC). Les pays touchés par la transmission du poliovirus font l’objet de recommandations temporaires. Pour se conformer aux recommandations temporaires émises dans le cadre de la PHEIC, tout pays touché par la transmission du poliovirus doit déclarer l’épidémie comme une urgence nationale de santé publique et mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour favoriser l’éradication de la poliomyélite, comme la vaccination adéquate des voyageurs internationaux ; intensifier leurs efforts pour accroître la couverture de la vaccination systématique, notamment le partage des données de couverture ; et intensifier les activités transfrontalières.

En outre, le Comité a souligné que les États infectés par le PVDVc2 devraient encourager les résidents et les visiteurs à long terme à recevoir une dose de VPI (s’il est disponible dans le pays) dans un délai de quatre semaines à 12 mois avant le voyage international. Les États doivent veiller à ce que tous les voyageurs qui reçoivent ces vaccins aient accès à un document attestant leur statut vaccinal au regard de la poliomyélite. Le Comité a également mentionné l’existence d’un mécanisme séparé pour répondre aux infections à poliovirus de type 2 et a recommandé aux États d’envisager de demander des vaccins issus du stock mondial de vaccin antipoliomyélitique oral monovalent de type 2 (VPOm2) sur la base des recommandations du groupe consultatif sur le VPOm2. La déclaration complète du Comité d’urgence pour la poliomyélite est disponible sur le site Web de l’OMS.