Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
26 mars 2015

Du 11 au 22 mars 2015, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 15 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont 3 mortels. Les cas sont décrits dans l’ordre chronologique de notification en commençant par le plus récent.

Informations détaillées sur les cas

  • Un ressortissant étranger de 50 ans de la ville de Najran a présenté des symptômes le 11 mars et a été hospitalisé le 20. Il n’a pas d’autres pathologies. L’enquête sur ses antécédents d’exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuit. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Un ressortissant étranger de 54 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 19 mars et a été hospitalisé le 20. Il souffre également de diabète. C’est un contact d’un cas d’infection par le MERS CoV confirmé en laboratoire (le cas numéro 11 ci-dessous). Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Un ressortissant étranger de 60 ans de la ville de Djedda a présenté des symptômes le 15 mars et a été hospitalisé le 19. Il a d’autres pathologies et s’est rendu à Médine dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. L’enquête sur ses antécédents d’exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuit. Il est actuellement dans un état critique en unité de soins intensifs.
  • Un homme de 73 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 13 mars, alors qu’il était hospitalisé depuis le 9 janvier pour une affection médicale sans rapport avec le MERS-CoV. Il avait été admis dans le même établissement que des cas d’infection par le MERS CoV confirmés en laboratoire. L’enquête sur les liens épidémiologiques avec ces cas et les agents de santé communs se poursuit. Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il est actuellement dans un état critique en unité de soins intensifs.
  • Un homme de 27 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 8 mars et a été hospitalisé le 14. Il s’est rendu fréquemment dans cet établissement pour une affection médicale sans rapport avec le MERS-CoV ; néanmoins, il n’a pas d’antécédent de contact avec des cas confirmés d’infection par le MERS-CoV qui y étaient traités. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 56 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 12 mars et a été hospitalisé le 14. Il a d’autres pathologies. L’enquête sur ses antécédents d’exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuit. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Un ressortissant étranger de 44 ans de la ville d’AlKhafji a présenté des symptômes le 4 mars et a été hospitalisé le 14. Il n’a pas d’autres pathologies. Il a été en contact fréquent avec des chameaux et a consommé du lait de chamelle cru. Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 60 ans de la ville de Taima a présenté des symptômes le 7 mars et a été hospitalisé le 11. Il a d’autres pathologies, a été en contact fréquent avec des chameaux et a consommé du lait de chamelle cru. Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 47 ans de la ville d’Alfadliah a présenté des symptômes le 2 mars et a été hospitalisé le 12. Il a d’autres pathologies. L’enquête sur ses antécédents d’exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuit. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Un ressortissant étranger de 21 ans de la ville de Riyad (Région de Riyad) a présenté des symptômes le 8 mars et a été hospitalisé le 12. Il a d’autres pathologies. L’enquête sur ses antécédents d’exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuit. Il est actuellement dans un état critique en unité de soins intensifs.
  • Un ressortissant étranger de 31 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 1er mars et a été hospitalisé le 10. C’était un fumeur ayant d’autres pathologies. L’enquête sur ses antécédents d’exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuit. Il est décédé le 12 mars.
  • Une ressortissante étrangère de 45 ans de la ville de Riyad, agent de santé, a présenté des symptômes le 8 mars et a été hospitalisée le 10. Elle n’a pas d’autres pathologies. Elle a été en contact avec un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire, signalé dans un bulletin précédent le 11 mars (cas N° 14). Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable
  • Une femme de 62 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 3 mars, alors qu’elle était hospitalisée depuis le 23 novembre 2014 pour des affections médicales sans rapport avec le MERS-CoV. Elle avait été admise dans le même établissement que d’autres cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire ; l’enquête sur les liens épidémiologiques avec ces cas et les agents de santé communs se poursuit. Elle n’avait pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Elle est décédée le 15 mars.
  • Un homme de 59 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 7 mars et a été hospitalisé le 8. Il n’avait pas d’autres pathologies. Il a été en contact avec un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire, signalé dans un bulletin précédent le 23 février (cas N° 2). Il n’avait pas été exposé à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il est décédé le 14 mars.
  • Un ressortissant étranger de 55 ans de la ville de Djedda a présenté des symptômes le 5 mars et a été hospitalisé le 8. Il n’a pas d’autres pathologies et n’a pas été en contact avec des chameaux ; en revanche, il a été fréquemment en contact avec des moutons et a consommé régulièrement des produits crus dérivés de ces animaux. Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également déclaré à l’OMS le décès de 6 cas de MERS-CoV notifiés précédemment. Ces cas ont été décrits dans les bulletins du 20 mars (cas N° 5 et 12), du 11 mars (cas N° 2 et 10) et du 6 mars (cas N° 6).

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, 1090 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 412 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.