Préparation et riposte aux situations d'urgence

Maladie à virus Ebola – République démocratique du Congo

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
26 septembre 2019

La flambée de maladie à virus Ebola (MVE) en République démocratique du Congo se poursuit cette semaine, avec 29 nouveaux cas confirmés notifiés dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri du 18 au 24 septembre 2019, contre 57 la semaine précédente. Cette baisse du nombre de cas doit être interprétée avec prudence car les problèmes opérationnels et de sécurité dans certaines zones de santé rendent la détection des cas et la riposte difficiles.

On a récemment constaté une augmentation du nombre d’incidents localisés ayant trait à la sécurité ou aux communautés dans plusieurs zones d’intervention. Depuis août 2019 jusqu’à présent, un tiers environ des incidents concernant les communautés sont survenus dans la zone de santé de Mambasa. Pour renforcer la participation et la collaboration des communautés locales dans cette zone, l’OMS a mis en place une équipe composée de spécialistes des sciences sociales et d’experts de la participation des communautés, de la communication sur les risques et de la promotion de la santé en vue de mettre en œuvre l’approche et la stratégie préconisées dans le Plan stratégique de riposte 4 (SRP4) avec la Commission pour la communication sur les risques et l’engagement communautaire (CREC). Les violences survenues récemment à Lwemba, dans la zone de santé de Mandima, ont entraîné la suspension des activités au cours des neuf derniers jours. Les recherches des contacts ont été partiellement interrompues, d’où la perte de 169 et 162 contacts à Lwemba et Mambasa respectivement.

Au cours des 21 derniers jours (entre le 18 septembre et le 24 septembre 2019), 126 cas confirmés au total ont été signalés dans 13 zones de santé (Tableau 1, Figure 2), la majorité provenant des zones de santé de Mambasa (25%, n=31), de Mandima (18%, n=23), et de Kalunguta (16%, n=20). Aucun nouveau cas confirmé de MVE n’a été signalé au cours des 21 derniers jours dans la zone de santé de Musienene.

Au 24 septembre, 3175 cas de MVE au total avaient été signalés – 3063 cas confirmés et 112 cas probables, dont 2122 cas mortels (taux de létalité global de 67 %). Sur le nombre total de cas confirmés ou probables, 56 % (1778) étaient des femmes, 28 % (902) des enfants âgés de moins de 18 ans, et 5 % (161) des agents de santé.

Les autorités de santé de la République démocratique du Congo ont avalisé l’utilisation d’un deuxième vaccin anti-Ebola expérimental auprès des populations à risque dans des zones où il n’y a pas de transmission de la MVE. Les activités de vaccination systématique dans les zones touchées par la MVE se poursuivront. Le vaccin Merck/MSD continuera à être administré à toutes les personnes fortement exposées au risque de contracter l’infection, y compris celles qui ont été en contact avec un cas confirmé, tous les contacts de contacts, et les autres personnes pour qui on a déterminé que le risque de contracter la maladie était élevé. Le vaccin Johnson & Johnson sera déployé par un consortium regroupant le Ministère de la santé, l'Institut national des recherches biomédicales (INRB) de la République démocratique du Congo, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations, Médecins Sans Frontières (MSF), MSF Epicentre, la United Kingdom Public Health Rapid Support Team, le Wellcome Trust, et Janssen Vaccines & Prevention B.V. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale assurera la coordination du comité de suivi et de sécurité des données.

Selon le pilier 1 du Plan stratégique de riposte actuel, le financement nécessaire pour l’ensemble des partenaires de juillet à décembre 2019 est estimé à US $287 millions, dont US $120-140 millions pour l’OMS. Au 26 septembre 2019, l’OMS a reçu US $60 millions et d’autres fonds ont été promis. Les fonds actuellement disponibles permettront de combler le déficit de financement jusqu’à la fin octobre 2019. Des ressources supplémentaires sont nécessaires pour financer la riposte jusqu’en décembre 2019 et l’OMS en appelle à la générosité des donateurs.

Figure 1 : Cas confirmés et cas probables de maladie à virus Ebola en fonction de la semaine d’apparition de la maladie, par zone de santé. Données au 24 septembre 2019*

*Les données des dernières semaines sont sujettes à des retards dans la confirmation et la notification des cas, ainsi qu’au nettoyage en cours des données. Autres zones de santé : Alimbongo, Ariwara, Biena, Bunia, Goma, Kalunguta, Kayna, Komanda, Kyondo, Lolwa, Lubero, Manguredjipa, Masereka, Musienene, Mutwanga, Mwenga, Nyankunde, Nyiragongo, Oicha, Pinga, Rwampara, Tchomia et Vuhovi.

Figure 2 : Cas confirmés et cas probables de maladie à virus Ebola en fonction de la semaine d’apparition de la maladie, par zone de santé. Données au 24 septembre 2019*

Tableau 1 : Cas confirmés et cas probables de maladie à virus Ebola et nombre d’aires de santé touchées, par zone de santé, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, en République démocratique du Congo, données au 24 septembre 2019**

**Le nombre total de cas et d’aires touchées au cours des 21 derniers jours est calculé en fonction de la date de la première alerte concernant des cas, qui parfois n’est pas la même que la date de confirmation, et il peut y avoir aussi des différences avec les notifications quotidiennes du Ministère de la santé.

Action de santé publique

Pour des informations plus détaillées sur les actions de santé publique menées par le Ministère de la santé, l’OMS et les partenaires, veuillez consulter les derniers rapports de situation publiés par le Bureau régional OMS de l’Afrique :

Évaluation du risque par l’OMS

L’OMS suit en permanence l’évolution de la situation épidémiologique et du contexte de l’épidémie pour s’assurer que l’appui à la riposte est adapté à l’évolution des circonstances. D’après la dernière évaluation, effectuée le 5 août 2019, les niveaux de risque à l’échelle régionale et nationale restent très élevés, tandis que le niveau de risque à l’échelle mondiale reste faible.

Les fluctuations récentes dans le nombre des cas notifiés par semaine doivent être interprétées avec prudence, étant donné que les notifications dépendent du niveau de sécurité dans les zones d’intervention. Après plus d’une semaine d’interruption des opérations dans l’aire de santé de Lwemba, dans la zone de santé de Mandima, une augmentation du nombre de cas signalés est attendue dans les semaines à venir au fur et à mesure de la reprise des activités de riposte.

Conseils de l’OMS

Sur la base des informations actuellement disponibles, l’OMS déconseille d’instaurer des restrictions aux voyages à destination de la République démocratique du Congo ou aux échanges commerciaux avec ce pays. Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué pour protéger les populations contre le virus Ebola. Par conséquent, il n’est pas raisonnable d’exiger un certificat de vaccination anti-Ebola pour limiter la circulation transfrontalière ou la délivrance de visas aux passagers à destination ou en provenance des pays touchés. L’OMS continue de surveiller attentivement et, si nécessaire, de vérifier les mesures prises concernant les voyages et le commerce en relation avec cet événement. Pour le moment, aucun pays n’a pris de mesures entravant de manière importante le trafic international à destination ou en provenance de la République démocratique du Congo. Les voyageurs doivent demander conseil à leur médecin avant de partir et respecter les règles d’hygiène. Des informations supplémentaires sont disponibles en anglais dans les recommandations de l'OMS en matière de trafic international relatives à la flambée de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.

Pour de plus amples informations, voir :