Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV) – Thaïlande

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
29 janvier 2016

Le 24 janvier 2016, le point focal national RSI pour la Thaïlande a notifié à l’OMS un cas d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Il s’agit du deuxième cas d’infection dans le pays (voir le précédent Bulletin d’information concernant la Thaïlande publié le 10 juillet 2015).

Informations détaillées sur le cas

Le cas concerne un ressortissant d’Oman âgé de 71 ans, arrivé à Bangkok le 22 janvier. Le patient se rendait en Thaïlande pour des soins médicaux. Il a été hospitalisé à son arrivée à Bangkok. Le 23 janvier, il a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV.

Le patient, qui a d’autres pathologies, a présenté les premiers symptômes le 14 janvier alors qu’il était encore en Oman. Il a été hospitalisé le 18 janvier. Le 21 janvier, contre l’avis médical, il a quitté l’hôpital, un échantillon ayant été prélevé avant son départ. L’échantillon s’est révélé positif pour le MERS-CoV le 25 janvier, le patient ayant déjà quitté Oman à cette date.

Le 24 janvier, le point focal national RSI pour Oman a été informé du cas en vue du suivi nécessaire des contacts dans ce pays et de la recherche des antécédents d’exposition. Les investigations ont révélé que l’intéressé a été en contact avec des chameaux dans les 14 jours précédents l’apparition des symptômes. Aucun lien épidémiologique n’a été établi entre ce cas et le dernier cas détecté en Oman.

Des mesures sont prises pour rechercher tous les contacts du cas en Oman, pendant son voyage vers la Thaïlande, ainsi qu’à Bangkok.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1633 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 587 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal, et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.