Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Qatar

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
31 octobre 2014

Les 12 et 23 octobre 2014, l’OMS a été informée par le point focal national RSI du Qatar de deux cas d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Il s’agit là des deux premiers cas notifiés par ce pays à l’OMS en 2014.

Informations détaillées sur les cas

Un homme de 71 ans de Doha (Qatar) a présenté des symptômes le 1er octobre alors qu’il était parti en voiture du Qatar avec trois membres de sa famille pour aller dans la région d’Al-Hasa (Arabie saoudite). Le 7 octobre, comme ses symptômes s’aggravaient, il est allé consulter un établissement de santé privé à Al Hasa, qui l’a alors fait transférer au Hamad General Hospital à Doha. Le 11 octobre, les analyses de laboratoire faites pour ce patient ont confirmé l’infection par le MERS-CoV. Cet homme possède un élevage de chameau et l’on sait qu’il a consommé du lait cru de chamelle. Le patient a des comorbidités et se trouve actuellement dans un état critique.

Un homme de 43 ans de Doha a présenté des symptômes le 14 octobre. Les 17 et 18, il est allé consulter un établissement de santé mais n’a pas été hospitalisé. Le 20 octobre, son état s’est aggravé, il a été admis à l’hôpital et l’infection par le MERS-CoV a été confirmée le jour même. Le patient n’avait pas de comorbidités mais il a régulièrement visité un élevage de chameaux dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il n’a pas d’antécédents d’exposition à d’autres facteurs de risque connus. Le patient est actuellement dans un état stable.

Action de la santé publique

Les contacts des deux cas, dans leur famille et dans les services de soins, ont été identifiés et sont suivis. Pour l’instant, aucun d’entre eux n’a manifesté de symptômes. Des messages d’éducation sanitaire sur les mesures de prévention à prendre ont été communiqués aux contacts familiaux des deux patients. Le Conseil suprême de la santé du Qatar a renforcé les mesures de prévention et de lutte dans tous les établissements de santé. De plus, en collaboration avec le Ministère de l’environnement, il enquête sur les chameaux dans les deux élevages.

À l’échelle mondiale, 885 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV, dont 319 mortels, ont été notifiés à l’OMS.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus est potentiellement circulant. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.