Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
6 mars 2015

Entre le 23 et le 25 février 2015, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 10 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Les cas sont décrits dans l’ordre chronologique de notification en commençant par le plus récent.

Informations détaillées sur les cas:

  • Un homme de 56 ans de la ville d’Afif a présenté des symptômes le 22 février alors qu’il était hospitalisé depuis le 2 février pour des affections sans rapport avec le MERS-CoV. Le 17 février, il a été placé dans la même unité de soins intensifs qu’un cas confirmé en laboratoire, décrit dans un précédent bulletin le 23 février (cas N° 36) ; il n’a cependant pas été traité par les mêmes agents de santé. Des parents et amis lui ont fréquemment rendu visite. Placé en unité de soins intensifs, il est actuellement dans un état critique.
  • Un homme de 84 ans de la ville d’Al-Oyuon a présenté des symptômes le 21 février et a été hospitalisé le 22. Il a d’autres pathologies. L’enquête sur l’exposition à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes se poursuit. Placé en unité de soins intensifs, il est actuellement dans un état critique.
  • Une femme de 24 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 19 février alors qu’elle était hospitalisée depuis le 31 janvier pour des affections médicales sans rapport avec le MERS-CoV. Elle a été traitée dans le même établissement qu’un cas confirmé en laboratoire décrit dans le bulletin du 16 février (cas N° 4) ; elle n’a cependant pas été traitée par les mêmes agents de santé et n’a aucun lien épidémiologique avec ce cas. Des parents et amis lui ont fréquemment rendu visite. Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en unité de soins intensifs, elle est actuellement dans un état critique.
  • Un homme de 80 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 21 février alors qu’il était hospitalisé depuis le 14 août 2014 pour des affections médicales sans rapport avec le MERS-CoV. Il a été traité dans le même établissement qu’un cas confirmé en laboratoire décrit dans le bulletin du 23 février (cas N° 2) ; il n’a cependant pas eu de contact direct avec le cas. Des parents et amis lui ont fréquemment rendu visite. Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en unité de soins intensifs, il est actuellement dans un état critique.
  • Un homme de 83 ans de la ville d’Alrass a présenté des symptômes le 16 février, a été hospitalisé le 17 et a décidé, contre l’avis médical, de sortir de l’établissement le jour même. Il est ensuite allé à Riyad pour demander un nouvel avis médical le 21 février et a été hospitalisé le jour même. Il a d’autres pathologies. L’enquête sur son exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes est en cours. Placé en unité de soins intensifs, il est actuellement dans un état critique.
  • Un homme de 75 ans de la ville de Riyad a présenté des symptômes le 12 février et a été hospitalisé le 22. Il a d’autres pathologies. L’enquête sur son exposition à des facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes est en cours. Placé en unité de soins intensifs, il est actuellement dans un état critique.
  • Un ressortissant étranger de 45 ans, de la ville de Najran, a présenté des symptômes le 13 février et a été hospitalisé le 20. Il n’a pas d’autres pathologies. Il a été en contact avec un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire et décrit dans le bulletin du 23 février (cas N° 17). Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre d’hôpital à pression négative, il est dans un état stable.
  • Une ressortissante étrangère de 65 ans de la ville de Djedda a présenté des symptômes le 17 février et a été hospitalisée le 22. Elle a d’autres pathologies. Elle n’a pas été exposée à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en unité de soins intensifs, elle est actuellement dans un état critique.
  • Un ressortissant étranger de 50 ans, agent de santé dans la ville de Riyad, a présenté des symptômes le 13 février et a été hospitalisé le 20. C’est un fumeur mais il n’a pas d’autres pathologies. Il a traité un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire, décrit dans le bulletin du 23 février (cas N° 10). Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre d’hôpital à pression négative, il est dans un état stable.
  • Une ressortissante étrangère de 62 ans, agent de santé dans la ville de Riyad, a présenté des symptômes le 16 février et a été hospitalisée le 18. Elle a d’autres pathologies. Elle a traité un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire, décrit dans le bulletin du 23 février (cas N° 10). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en isolement dans une chambre d’hôpital à pression négative, elle est dans un état stable.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également déclaré à l’OMS le décès de deux cas de MERS-CoV notifiés précédemment. Ces cas ont été décrits dans le bulletin du 23 février (cas Nos 19 et 37).

La recherche des contacts parmi les membres de la famille et parmi les personnels de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, 1040 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 383 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.