Directeur général

Le Directeur général de l’OMS intervient devant la Conférence de haut niveau sur la sécurité sanitaire mondiale

Dr Margaret Chan
Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé

Discours de clotûre prononcé lors de la Conférence de haut niveau sur la sécurité sanitaire mondiale
Lyon, France

23 mars 2016

Monsieur le Président Hollande, Mesdames et Messieurs les invités et participants, Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi d’être ici avec vous aujourd’hui. Je remercie la France et la Commission européenne pour la coorgonisation de la Conférence ainsi que la présidence néerlandaise de l’Union Européenne qui a coparrainé l’événement avec l’OMS.

La sécurité sanitaire mondiale est menacée par des tendances alarmantes. Les changements intervenus dans la manière dont l’humanité vit sur la planète ont donné au monde microbien dont on ne peut prévoir l’évolution de multiples occasions nouvelles à exploiter.

Le monde demeure terriblement mal préparé pour réagir aux flambées qui sont à la fois graves et de longue durée. C’est la conclusion à laquelle sont parvenues l’ensemble des évaluations indépendantes sur la riposte à la maladie à virus Ebola qui, par ailleurs, ont mis en garde contre le risque de relâchement des efforts.

L’heure n’était pas au relâchement.

Avant même de pouvoir déclarer la fin de la flambée d’Ebola, la maladie à virus Zika a fait son apparition sur la scène pour exploiter un autre ensemble de vulnérabilités et livrer une multitude d’anomalies neurologiques et complications surprenantes.

La préparation signifie s’attaquer aux causes sous-jacentes des vulnérabilités qui permettent aux flambées de prendre par surprise les pays et la communauté internationale.

La Conférence de haut niveau a fermement mis l’accent sur le renforcement des capacités nationales en vue de l’application du Règlement sanitaire international. De même, une attention particulière a été accordée à la nécessité de trouver des solutions pratiques.

Vous avez examiné le fonctionnement du Règlement en tant que pierre angulaire de la sécurité sanitaire mondiale. Vous avez écouté le Professeur Didier Houssin, Président du Comité d’examen du Règlement sanitaire international, expliquer les problèmes relatifs à l’application du Règlement rencontrés durant la flambée d’Ebola en Afrique de l’Ouest.

En début de mois, une alliance a été constituée, sous la direction de la Finlande, dans le but d’utiliser des évaluations dans les pays systématiques et standardisées des principales capacités, afin d’améliorer la base de données factuelles, d’identifier les lacunes spécifiques et d’attirer les ressources qui permettront de les combler.

Vous avez entendu parler de plusieurs initiatives supplémentaires qui soulignent le caractère de collaboration véritable de la sécurité sanitaire mondiale qui nécessite l’appui de secteurs ne se limitant pas à celui de la santé.

La Conférence a justement envisagé le renforcement des capacités principales du Règlement en tant que partie intégrante des efforts plus vastes visant à renforcer les systèmes de santé. Vous avez souligné la nécessité de disposer d’effectifs suffisants de personnels formés et de services de diagnostic de haute qualité capables de fournir des résultats fiables rapidement.

Nous ne devons pas oublier ceci: les trois pays de l’Afrique de l’Ouest qui ont réussi à endiguer Ebola sans connaître de flambée majeure, à savoir le Nigéria, le Sénégal et le Mali, avaient en place des moyens diagnostiques nationaux de haute qualité.

Hier, vous avez eu l’occasion de tenir des discussions sur le nouveau cadre de suivi et d’évaluation du Règlement sanitaire international demandé par la dernière Assemblée mondiale de la Santé. Le cadre est un autre exemple de mesures concrètes qui contribuent à la préparation d’un point de vue collectif du monde.

En somme, au cours des deux derniers jours, vous avez été témoins du meilleur de la solidarité mondiale. La Conférence a donné le coup d’envoi d’une mobilisation politique de haut niveau et d’un engagement pratique, également de haut niveau, en faveur de mesures concrètes.

Je suis sûre que votre appel à la mise en place de mesures accélérées et ciblées permettra d’améliorer la défense mondiale contre les maladies infectieuses émergentes et réémergentes.

Je vous remercie.