Direction générale de l'OMS

Allocution liminaire à la première Conférence mondiale de l’OMS sur la pollution de l’air et la santé

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus
Directeur général

Siège de l’OMS à Genève
30 octobre 2018

Excellence, Mme Hajia Samira Bawumia du Ghana, cher collègue Dr Taalas, Secrétaire général de l’OMM et ma sœur Olga,

Excellences, chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Avant toute chose, j’aimerais vous souhaiter la bienvenue à l’OMS et à la première Conférence mondiale de l’OMS sur la pollution de l’air et la santé.

C’est un honneur de vous accueillir en tant qu’invités à cette réunion historique.

Nous sommes réunis ici parce que nous savons que la pollution de l’air constitue l’une des plus grandes menaces pour la santé mondiale et que nous devons faire quelque chose d’urgence.

J’aimerais vous rappeler quelques chiffres.

La pollution de l’air tue 7 millions de personnes par an.

Dans le monde, 9 personnes sur 10 respirent de l’air pollué par les gaz d’échappement, l’industrie, l’agriculture et l’incinération des déchets.

Environ 3 milliards de personnes continuent d’utiliser chez elles pour la cuisine et le chauffage des fourneaux, des poêles et des combustibles polluants, générateurs de fumée.

Selon nos dernières estimations, jusqu’à un tiers des décès par crise cardiaque, AVC, cancer du poumon et maladie respiratoire chronique sont dus à la pollution de l’air.

Impossible d’y échapper, du ventre maternel à la tombe.

Certains de nos enfants ne réaliseront pas tout leur potentiel à cause de l’exposition à la pollution dans le ventre maternel et au début de la vie; certains de nos parents auront une mort précoce pour y avoir été exposés toute leur vie.

Et la situation empire dans de nombreuses régions du monde.

Le plus tragique, c’est que ces 7 millions de décès pourraient être évités.

Le fait qu’ils sont évitables nous donne cependant matière à être optimistes. Nous pouvons faire quelque chose.

Il faudra une volonté politique résolue, une action rapide et de la constance, mais je suis optimiste: nous pouvons et devons faire mieux.

Je suis optimiste car nous avons tout ce dont nous avons besoin pour agir.

Nous avons les preuves accablantes des effets nocifs de la pollution de l’air.

Nous avons des chiffres solides démontrant le fardeau que fait peser la pollution de l’air sur la santé humaine, sur les économies et sur la sécurité alimentaire, ainsi que le coût exorbitant de l’inaction.

Comme Fiona l’a bien mieux exprimé et je suis absolument d’accord avec elle: le coût de l’action est élevé, mais celui de l’inaction l’est encore plus.

Nous avons de nombreuses solutions qui ont fait leur preuve dans presque tous les domaines contribuant à la pollution de l’air et de nouvelles émergent en permanence.

Je suis optimiste car nous voyons de plus en plus d’exemples de villes, de régions et de pays qui agissent.

Je suis optimiste car de plus en plus de personnes s’informent et prennent la parole pour réclamer le droit à respirer un air pur.

Nous pouvons faire beaucoup de choses pour améliorer la qualité de l’air, mais nous devons tous jouer notre rôle.

L’OMS se lance dans la bataille contre la pollution de l’air car ses conséquences désastreuses sur la santé en font aussi notre combat.

Nous donnons aux professionnels de la santé les moyens d’expliquer les risques de la pollution de l’air à leurs patients et comment les réduire au maximum.

Mais nous leur donnons aussi les compétences et les données factuelles pour plaider pour la santé dans les décisions politiques ayant des retombées sur la qualité de l’air et la santé publique.

Grâce à des engagements mondiaux comme les objectifs de développement durable, l’Accord de Paris sur le climat ou l’Agenda urbain à l’horizon 2030, l’OMS établit des alliances avec les partenaires travaillant dans les secteurs de l’énergie, du climat et de l’environnement.

Nous travaillons pour engager les acteurs des secteurs du transport, de l’urbanisme, du logement, de l’énergie et de l’environnement en leur donnant les outils, les ressources et l’appui pour évaluer les conséquences sanitaires de leurs décisions politiques.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Aucune personne, aucun groupe, aucune ville ou aucune région ne peut résoudre seul le problème. Nous avons besoin de l’engagement résolu et de l’action de tous : gouvernements, dirigeants locaux, maires, société civile, secteur privé et personnes individuelles.

Nous avons besoin que tous les pays et toutes les villes s’engagent à atteindre les normes de l’OMS relatives à la qualité de l’air au cours des 12 prochaines années.

Nous devons nous mettre d’accord sans équivoque sur la nécessité d’un monde débarrassé de la pollution de l’air.

Il nous faut des buts communs pour notre avenir commun, comme par exemple de réduire le nombre des décès dus à la pollution de l’air.

C’est le défi que nous devons relever.

Merci pour votre engagement. Ensemble, nous avons cette semaine la possibilité de prendre des mesures pratiques pour assurer à nos enfants et à nos petits-enfants de pouvoir respirer un air plus pur.

Je vous prie tous instamment de saisir cette opportunité.

Je vous remercie.