À Fidji, les écoles enseignent une bonne hygiène de vie

Août 2014

Les élèves de l’école primaire de Khemendra, à Fidji, n’apprennent pas seulement à privilégier les aliments sains, ils aident à les faire pousser: chaque classe est chargée de cultiver différents types de fruits et légumes dans le jardin et dans la serre de l’école.

Photo de classe des élèves de l’école primaire de Khemendra, à Fidji
OMS

Programme de promotion de la santé à l’école

C’est une institutrice, Mereani Ligaiviu, qui a lancé ce projet après avoir participé à un atelier organisé par le programme fidjien de promotion de la santé à l’école (HPS), qui forme les enseignants et les aide à assurer une offre alimentaire saine et à promouvoir l’exercice physique. Comme elle l’explique, « la formation du HPS m’a donné les moyens de faire en sorte que les gens restent en bonne santé ».

En plus du jardin, Mereani Ligaiviu anime un cours d’aérobic que suivent 65 élèves trois fois par semaine.

L’école primaire de Khemendra fait partie du réseau de 84 écoles et plus qui participent au programme HPS, financé par le ministère fidjien de la Santé et par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les conseils de l’OMS ont été d’une aide précieuse aux pouvoirs publics fidjiens pour définir les principes directeurs sur lesquels se fonde le programme HPS, notamment les directives nationales à l’usage des cantines scolaires. Les conseils donnés aux gérants des cantines pour qu’ils limitent certains aliments et certaines boissons sur leur menu s’appuient sur les recommandations de l’OMS pour une bonne alimentation.

«Les habitudes se prennent tôt et l’école offre un cadre particulièrement propice pour aider les enfants à contracter de bonnes habitudes et pour apprendre à la prochaine génération à prévenir les problèmes de santé plus tard», commente le Dr Liu Yunguo, Représentant de l’OMS dans le Pacifique Sud et Directeur de l’Appui technique dans le Pacifique.

Un comportement sain chez l’enfant prévient les maladies chroniques

Créé en 2009, ce programme a pour but de favoriser les comportements sains chez l’enfant et cible des facteurs comme l’obésité qui risquent de causer des maladies telles que diabète, cancer, accident vasculaire cérébral et cardiopathies. Cet enseignement est capital : à Fidji, 20% des hommes adultes et 41% des femmes adultes sont obèses, l’obésité étant un facteur de risque de maladies non transmissibles largement reconnu.

Les conseillers du programme HPS aident le personnel enseignant à déterminer les aspects sur lesquels leur école doit se concentrer et à monter des projets pratiques qui aideront les élèves à rester en bonne santé.

Le Directeur de l’école primaire de Navoalevu, Dharmend Shankar, est revenu du cours de formation de l’HPS la tête pleine d’idées. «Mettons quelque chose en route», a-t-il dit à son administrateur. «Rien ne sert d’apprendre si on ne met pas son savoir en pratique.» Résultat: un jardin qui fait maintenant la fierté de l’école et qui produit des fruits et des légumes tels que manioc, noix de coco et concombres.

Parents et enseignants ont été associés au projet pour que l’école serve d’exemple au sein de la communauté. De leur côté, les enfants en apprécient les résultats. «J’aime manger des légumes frais et j’aime bien planter davantage de légumes», confie un élève de l’école primaire de Rabulu Sanatan, qui participe elle aussi au programme HPS.

«Rien ne sert d’apprendre si on ne met pas son savoir en pratique.»

Dharmend Shankar, Directeur de l’école primaire de Navoalevu

À l’école primaire de Navai, environ 80% des élèves sont malnutris parce que leur régime fait la part belle aux aliments malsains. Après avoir suivi la formation du HPS, le Directeur de l’école, Dhavendra Datt, a voulu que la cantine de l’établissement vende des aliments plus sains à un prix abordable. L’école a fait du vendredi le «jour des fruits»: tous les vendredis, les enseignants veillent à ce que chaque enfant apporte à l’école un morceau de fruit à partager avec ses camarades et à ce que tous mangent des fruits.

Améliorer l’alimentation à l’école était aussi une priorité de l’école primaire Ste-Marie à Labasa, où les conseillers du programme ont estimé que l’obésité et les caries dentaires étaient des problèmes prioritaires. Les directives nationales à l’usage des cantines scolaires ont été expliquées aux gérants de la cantine, et les aliments malsains et les boissons gazeuses ont été remplacés par des mélanges de jus de fruits et par des fruits frais locaux vendus à des prix abordables. «Il n’y a pas eu d’effet négatif sur les ventes et sur les bénéfices de la cantine quand nous sommes passés à des produits plus sains», observe le Directeur de l’école, Vereniki Rusaqoli. «Au contraire, on dirait même que les affaires vont mieux!»

Constatant avec quelle rapidité les enfants avaient adopté un régime alimentaire plus sain, les enseignants ont pris d’autres initiatives. Davantage de bornes-fontaines ont été installées près des salles de classe pour que les élèves puissent boire facilement. De plus, les enfants apprennent et sont encouragés à avoir une bonne hygiène personnelle, par exemple à se laver les mains avant et après un repas, et après avoir été aux toilettes.

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