L’OMS lance un programme pour améliorer les soins prénatals au Mozambique

D'ici fin 2015, 10 centres à travers le pays dispenseront des services complets de soins prénatals pour facilier l'accès aux soins des femmes enceintes.

Septembre 2014

Des femmes de la région de Nampula au Mozambique réunies pour écouter les explications des infirmières sur le modèle de soins prénatals
OMS

Lorsque Langa*, infirmière au centre de santé d’Anchilo au Mozambique a expliqué à un groupe de femmes enceintes combien il était important de venir en consultation au centre pour des visites de contrôle avant l’accouchement, elle parlait d’expérience. Elle leur a expliqué à quel point elle était heureuse de venir en consultation pour sa première grossesse. Chaque visite lui permet d’obtenir des informations et elle a pu subir des tests de dépistage rapide du VIH et de la syphilis afin de protéger son enfant de ces infections.

Nouvelle approche des soins prénatals

Le Mozambique a adopté le modèle de soins prénatals de l’Organisation mondiale de la Santé en 2008. Mais les choses se sont révélées plus difficiles à mettre en pratique. Le pays manquait de fournitures médicales et certains centres de santé refusaient les femmes qui se présentaient pendant le premier trimestre de grossesse sauf s’il était visible qu’elles étaient enceintes ou si elles étaient prêtes à payer pour un test de grossesse. Cela a découragé les femmes de venir consulter et elles n’ont ainsi pas pu subir des tests de base avant leur accouchement.

De plus, il était difficile de se rendre dans les centres de santé: faute de temps et de moyens de transport les femmes ne venaient pas. Et même lorsqu’elles pouvaient venir passer un test, elles étaient souvent dans l’impossibilité de revenir chercher leurs résultats. Comme l’explique un professionnel de santé d’un centre de la province de Maputo: «Très souvent, les femmes ne reviennent pas chercher leurs résultats d’analyse en raison de la distance».

Dix dispensaires spécialisés d'ici 2015

Désormais, les femmes comme Langa n’ont à se rendre que dans un seul dispensaire. Chaque centre reçoit un module complet de soins prénatals contenant tous les médicaments et toutes les fournitures de laboratoire nécessaires. Le médecin de l’OMS, Ana Pilar Betrán explique que, grâce à cette approche rationalisée: «Les temps d’attente sont plus courts et les femmes sont plus positives et plus enclines à venir à leur visite prénatale».

Fin 2015, 10 centres à travers le pays dispenseront des services complets de soins prénatals au titre du programme. Le Dr Ana Pilar Betrán explique: «si l’intervention se révèle efficace, alors la prochaine étape consistera à élargir cette approche à l’ensemble du pays».

Le Dr Pilar Betrán a visité le premier centre de soins prénatals de la province de Nampula au Mozambique le 1er juin 2014 pour le lancement du programme et a été impressionnée: «La quantité de femmes que j’ai vue dans la salle d’attente était incroyable». Le Dr Ana Pilar Betrán et son équipe ont conçu le programme, formé les dispensateurs de soins de santé, et mis en place des systèmes de stockage et de suivi pour le matériel et les médicaments. Désormais Langa n’aura plus à refuser des femmes faute de ressources.

Les soins prénatals sont un facteur important pour assurer un accouchement sans risque et la bonne santé des enfants. Les femmes des 10 zones pilotes du projet commencent à mieux comprendre pourquoi elles doivent consulter un professionnel de santé à chaque grossesse.

Des soins de santé centrés sur les femmes

La nouvelle approche visant à regrouper les soins en un seul lieu est issue des recherches menées en 2011 auprès de groupes de femmes qui ont eu la possibilité de se rendre dans ces dispensaires. Le Dr Marleen Temmerman, Directeur du Département de Santé et recherche génésiques à l’OMS explique l’importance de cette approche centrée sur la personne des soins de santé et l’importance qu’il y a à garantir à chacune l’accès aux services dont elle a besoin quand elle en a besoin: « L’un des points essentiels pour parvenir à la couverture sanitaire universelle réside non seulement dans une prise de décisions fondée sur des données factuelles mais également dans la communication avec la population touchée et la compréhension de celle-ci».

*Ce prénom ont été modifié pour préserver l’anonymat.