Philippines: le typhon Haiyan un an après ou comment faire d’un mal un bien

Novembre 2014

Le 8 novembre 2013, le gigantesque typhon Haiyan balayait les Philippines. Des millions de personnes ont été touchées. Quand l’aide internationale a commencé à arriver, l’OMS a été l’une des premières institutions présentes sur le terrain.

Gina Bacuñata, sage-femme du  Centre de santé Magallanes à Tacloban City aux Philippines qui a été réhabilité après le passage du typhon.
Gina Bacuñata, sage-femme du Centre de santé Magallanes à Tacloban City aux Philippines qui a été réhabilité après le passage du typhon.
OMS/F. Guerrero

L’OMS a collaboré avec le ministère philippin de la Santé pour copiloter le Groupe Santé – coordonnant les travaux de tous les différents organismes qui s’efforçaient d’améliorer les services de santé. Ensemble, ces organismes ont entrepris de coordonner plus de 150 équipes médicales étrangères et plus de 500 tonnes de fournitures et équipements médicaux expédiés pour faire face à la situation.

La riposte sanitaire

Dans les 6 mois qui ont suivi l’intervention, les besoins de santé sont apparus sous la forme de 4 vagues distinctes.

Le premier mois, l’action de santé s’est concentrée sur la coordination des équipes médicales nationales et étrangères chargées de traiter les blessés et d’assister les femmes enceintes et les nouveaunés.

Le deuxième défi a consisté à prévenir les flambées de maladies. L’OMS a œuvré avec le ministère philippin de la Santé pour enclencher les systèmes de surveillance des maladies dans toutes les régions touchées par le typhon, organiser la vaccination de masse des enfants contre la rougeole et la poliomyélite, déblayer les décombres et empêcher la propagation de maladies comme la dengue et la typhoïde.

Trois mois durant, les soignants ont dû traiter des maladies non transmissibles comme les infarctus et le diabète. Les patients avaient perdu leurs médicaments ou présentaient de nouvelles complications dues au stress provoqué par le typhon et ses répercussions. Six mois après le passage du typhon, ils prenaient en charge la santé mentale car les communautés luttaient pour reprendre le cours de leur vie.

L’OMS avait déjà contribué à fournir une aide psychologique de première urgence dans les semaines et les mois qui ont suivi le typhon. Or, six mois plus tard, les problèmes de santé mentale se sont multipliés (un phénomène dont l’OMS a été témoin au lendemain du tsunami survenu en 2001), nécessitant une formation spécialisée complémentaire pour que les personnels de santé de premier plan puissent faire face à la situation.

Comme l’intervention a changé de cap, passant du mode urgence au relèvement à plus long terme, les équipes médicales étrangères ont entrepris de quitter les lieux et les établissements de soins temporaires et ont commencé à troquer les tentes contre des bâtiments. Alors que la date du premier anniversaire du typhon Haiyan approche, nous assistons à une augmentation des naissances – tendance qui se produit souvent après une situation d’urgence. Chaque nouvelle vie procure beaucoup de joie mais a aussi pour corollaire une demande accrue des soins immédiats et futurs.

Ce phénomène suscite de nouveaux besoins sanitaires: l’OMS a collaboré avec le ministère philippin de la Santé afin de recenser les lieux où un investissement s’impose pour reconstituer les services de santé en tenant compte notamment des changements démographiques et géographiques.

Renforcer les systèmes de santé

Au cours des 12 derniers mois, l’OMS a tenté de faire d’un mal un bien: renforcer les systèmes de santé en restaurant les installations, en donnant du matériel et en élargissant les services sanitaires comme la surveillance des maladies. Elle a collaboré avec le ministère philippin de la Santé et des partenaires en vue de fournir des services essentiels et de revaloriser les systèmes de prévention des maladies.

À ce jour, aucune flambée épidémique majeure n’a été enregistrée dans les régions touchées par le typhon Haiyan et des services de santé génésique, de santé mentale ainsi que des tests de qualité de l’eau sont maintenant disponibles dans des régions qui en étaient dépourvues avant. Si l’on veut que les communautés puissent surmonter de telles catastrophes à l’avenir, il importe de mettre sur pied un système de santé robuste assurant un accès universel aux soins de santé: une priorité fondamentale pour le ministère philippin de la Santé connue sous le nom de « Kalusugan Pangkalahatan (KP) ».

«Le typhon Haiyan a été une catastrophe naturelle hors norme, exigeant que nous soyons tous à la hauteur du défi et que nous collaborions pour dispenser des soins de santé immédiats, mais aussi pour améliorer les services de santé à plus long terme en faveur des communautés touchées. Le bureau de l’OMS aux Philippines est fier de ce que nous avons accompli avec l’appui des collègues du monde entier. Nous sommes ravis de continuer à collaborer aux côtés du Gouvernement philippin et des partenaires du Groupe santé dans le cadre du soutien apporté au redressement des communautés. Nous sommes reconnaissants envers tous les donateurs d’avoir appuyé nos travaux. Ensemble, nous souhaitons reconstruire un meilleur système de santé offrant une plus grande résilience pour l’avenir. Ensemble, nous plaçons la santé au cœur du processus de reconstruction», a déclaré le représentant de l’OMS aux Philippines, le Dr Julie Hall.