Protéger le public de la maladie à virus Ebola lors de la Coupe d’Afrique des Nations en Guinée équatoriale

Janvier 2015

Grâce aux activités de préparation menées par le ministère de la santé de Guinée équatoriale, la FIFA et l’OMS, le million de personnes réunies en Guinée équatoriale pour la Coupe d’Afrique des Nations qui se tiendra du 17 janvier au 8 février 2015 peuvent se consacrer au football sans avoir peur d’Ebola.

Désinfection des mains des spectateurs au moyen d’un gel hydroalcoolique lors de la Coupe d’Afrique des Nations,  Guinée équatoriale, 2015.
OMS/Nicolas Isla

Comment met-on en place les compétences destinées à prévenir et repérer une transmission potentielle du virus Ebola et y réagir lors d’un tel rassemblement de masse?

Rassemblements de masse: les connaissances progressent

«Les rassemblements de masse tels que la Coupe du monde de la FIFA, les Jeux olympiques ou la Coupe d’Afrique des Nations sont des manifestations à forte visibilité qui offrent l’occasion de promouvoir des améliorations durables en matière de santé», estime le Dr Maurizio Barbeschi, spécialiste scientifique de l’OMS, chef de l’équipe OMS pour la préparation et les rassemblements de masse. Le Dr Barbeschi et ses collègues ont publié de nombreux articles sur les rassemblements de masse et la lutte contre la maladie, dont récemment une série dans la revue britannique The Lancet.

«Les rassemblements de masse demandent une grande préparation», ajoute Nicolas Isla, fonctionnaire technique de l’OMS au sein de la même équipe, actuellement affecté en Guinée équatoriale pour la CAN. «Des systèmes coordonnés d’alerte et de surveillance ont été installés à chaque point d’entrée, dans chaque stade et chaque hôpital. Des équipes d’intervention rapide, des établissements de santé dédiés et des laboratoires doivent être mis en place et prêts à traiter tout cas potentiel. Les autorités sanitaires doivent veiller à ce que les populations locales et les visiteurs soient informés des premiers symptômes de la maladie à virus Ebola et sachent comment se protéger. Des lavabos, des toilettes mobiles, des zones d’isolement et des équipements de protection individuelle doivent être installés dans certains endroits stratégiques. Ce n’est pas une mince affaire.»

Ces activités viennent s’ajouter aux activités normales de préparation en cas de rassemblements de masse qui doivent également être mises en place, à savoir les plans pour la gestion des foules et la prise en charge des traumatismes, des maladies d’origine alimentaire et hydrique, des catastrophes climatiques ou touchant les infrastructures physiques, et des actes de terrorisme.

Apprendre du passé: Nigéria et Ebola

Pour coordonner ces activités, l’OMS s’est inspirée de l’expérience des rassemblements de masse et de la préparation acquise depuis des décennies, notamment de celles mises en place pour aider le Nigéria à préparer trois importants festivals en juillet 2014, en pleine épidémie d’Ebola: le festival Igbo Ukwu New Yam, le festival Sango et le festival Osun Osogbo de deux semaines en hommage à la déesse de la fécondité. «Nous avons repris les enseignements tirés de chaque rassemblement de masse et les avons appliqués au contexte du Nigéria», explique le Dr Maurizio Barbeschi, qui était au Nigéria pour lutter contre l’épidémie.

«Nous avons donc travaillé main dans la main [avec les autorités] pour mettre en place et appliquer des protocoles pour la préparation, la détection et la prise en charge des cas suspects ou confirmés d'Ebola.»

Nicolas Isla, fonctionnaire technique de l’OMS

«De nombreuses mesures devaient être examinées et convenues avec les organisateurs et avec les responsables de l’action contre Ebola puis communiquées avec précaution au grand public. Par exemple, lors du festival Osun Osogbo, manifestation joyeuse de type carnaval, où le public est international, la décision prise pendant l’épidémie d’Ebola était de limiter la participation aux Nigérians et de donner pour consigne à tous les participants de réduire au maximum les contacts physiques.»

Se préparer avant la Coupe d’Afrique des Nations

En prévision de la Coupe d’Afrique des Nations 2015, l’OMS a collaboré avec la FIFA, avec l’hôte qui devait à l’origine accueillir la CAN 2015, le Maroc, et avec l’hôte finalement retenu, la Guinée équatoriale. En Guinée équatoriale, les activités ont notamment consisté à apporter un appui au ministère de la santé en vue de l’élaboration de modes opératoires normalisés pour l’action contre Ebola et à mettre en place des systèmes de surveillance et d’action en cas d’épidémie pour la maladie à virus Ebola, concernant les aéroports, les stades et certains centres de soins de santé du pays.

L’équipe a également formé des personnels de santé aux méthodes de lutte contre l’infection et fourni des avis sur la mise en place définitive des trois centres de traitement Ebola en cours de construction.

«Nous avons été encouragés de constater ce qui avait été fait en Guinée équatoriale, surtout si l’on considère le volume de travail considérable que suppose la préparation d’un événement comme la Coupe d’Afrique des Nations. Nous avons donc travaillé main dans la main pour mettre en place et appliquer des protocoles pour la préparation, la détection et la prise en charge des cas suspects ou confirmés», a déclaré Nicolas Isla, fonctionnaire technique de l’OMS.

Maurizio Barbeschi, chef de l’équipe OMS pour la préparation et les rassemblements de masse, au cours d’une réunion avec le chef nigerian Obol Ubi Ujong Inah
OMS

«Le pays a effectué un travail considérable de mobilisation sociale autour d’Ebola et procède à des contrôles de température dans les aéroports et dans les stades. Dans les stades, on désinfecte également les mains des spectateurs à leur arrivée avec du gel hydroalcoolique – les gens le prennent très bien.»

Les pays voisins se préparent aussi

En dehors de la préparation en vue de la Coupe d’Afrique des Nations et de la lutte contre Ebola dans les pays touchés d’Afrique de l’Ouest, l’OMS a largement contribué à aider les pays voisins à mettre au point leurs plans de préparation.

Les partenaires techniques et financiers se sont réunis avec le personnel chargé de la préparation de ces pays à Genève, du 14 au 16 janvier 2015, pour examiner des plans opérationnels de 90 jours visant à renforcer la préparation de chaque pays et recenser les besoins prioritaires pour chacun. Chaque pays est maintenant doté d’un plan de 90 jours adapté visant à renforcer les moyens d’action opérationnels. Les pays participants étaient: le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la République centrafricaine, le Sénégal et le Togo.