Inde: premier pays à adapter le cadre de suivi mondial des maladies non transmissibles

Janvier 2015

Chaque année, près de 5,8 millions d’Indiens meurent de maladies cardiaques ou pulmonaires, d’accident vasculaire cérébral, de cancer ou du diabète. En d’autres termes, un Indien sur quatre risque de mourir d’une maladie non transmissible avant l’âge de 70 ans.

Illustration de l’urbanisation en Inde.
WHO/SEARO/Payden

«Les maladies cardiaques, le diabète, les cancers et les maladies respiratoires chroniques touchent désormais des gens de plus en plus jeunes,» déclare le Dr Poonam Khetrapal Singh, Directeur régional de l’OMS pour la Région de l’Asie du Sud-Est. «Les millions de vies productives perdues prématurément en raison des maladies non transmissibles (MNT) minent sérieusement le développement socio économique.»

Mais le pays n’attend pas passivement que la situation s’aggrave. Le gouvernement indien a pris des mesures immédiates et s’attaque aux principaux facteurs de risque qui contribuent à ces maladies – la mauvaise alimentation, la sédentarité, la consommation de tabac et d’alcool, et la pollution de l’air.

Cibles et indicateurs nationaux spécifiques

S’inspirant du Plan d’action mondial de l’OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020, l’Inde est le premier pays à élaborer des cibles et des indicateurs nationaux spécifiques visant à réduire le nombre de décès prématurés dus aux MNT dans le monde de 25% d’ici 2025. Un plan d’action multisectoriel national définissant les mesures à prendre dans des secteurs autres que le secteur de la santé pour réduire la charge des MNT et leurs facteurs de risque est sur le point d’être finalisé.

«Les maladies cardiaques, le diabète, les cancers et les maladies respiratoires chroniques touchent désormais des gens de plus en plus jeunes.»

Dr Poonam Khetrapal Singh, Directeur régional de l’OMS pour la Région de l’Asie du Sud-Est.

«Il est encourageant de constater que le gouvernement indien assume un rôle directeur dans la lutte contre les MNT,» déclare le Dr Nata Menabde, représentant l’OMS en Inde. «En tant que partenaire du programme d’action mondial pour la lutte contre les MNT, nous sommes attachés à soutenir les efforts nationaux visant à renforcer les systèmes de santé pour lutter contre l’augmentation des MNT et des co-pathologies.»

Une dixième cible: la pollution de l’air à l’intérieur des habitations

Le plan d’action mondial énumère neuf cibles à fixer pour les pays. Mais l’Inde a pris l’initiative sans précédent de fixer une dixième cible pour lutter contre la pollution de l’air à l’intérieur des habitations – un risque de santé majeur dans la Région de l’Asie du Sud Est en raison de l’utilisation de combustibles solides de la biomasse et de la fumée secondaire.

Au niveau mondial, 4 millions de décès sont dus à l’exposition à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations et 3,7 millions de décès sont attribués à la pollution atmosphérique. Environ 40% des décès dus à la pollution de l’air intérieur et 25% de ceux attribués à la pollution atmosphérique surviennent dans la Région OMS de l’Asie du Sud Est.

«Nous devons agir pour protéger les gens de la pollution de l’air. Les plus pauvres, qui habitent à proximité de routes passantes ou de sites industriels sont davantage touchés par la pollution de l’air,» explique le Dr Poonam Khetrapal Singh. «Les femmes et les enfants paient un lourd tribut car ils passent plus de temps à la maison à respirer la fumée et la suie dégagées par les réchauds.

Le Cadre national indien pour la lutte contre les MNT appelle à une réduction relative de 50% de l’utilisation domestique de combustibles solides et à une réduction relative de 30% de la prévalence du tabagisme d’ici 2025. Les pays de la Région de l’Asie du Sud Est se sont également engagés à réduire la pollution de l’air intérieur dans le cadre du plan d’action régional pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013 2020.

Mise en œuvre de la Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac

De plus, l’Inde a mis en œuvre la Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac qui vise à réduire la demande de produits du tabac. Le pays a interdit les ventes de produits du tabac autour des établissements d’enseignement, restreint la représentation de produits du tabac dans les films et les émissions de télévision, interdit certains produits du tabac sans fumée et élaboré des directives pour des établissements d’enseignement non fumeurs.

En avril 2015, le pays fera un peu plus et exigera que les mises en garde illustrées sur les produits du tabac couvrent 85% de la surface du paquet. Cet effort constitue un excellent exemple d’intervention efficace par rapport à son coût et à fort impact pour lutter contre les maladies non transmissibles.