Les équipes médicales népalaises et internationales travaillent côte à côte à Sindhupalchok, ravagé par le séisme

Mai 2015

Travaillant côte à côte pour traiter les blessés, les malades et accoucher les femmes, le personnel médical népalais et les équipes internationales s’efforcent de dispenser les services de santé dans le district de Sindhupalchok, ravagé par le séisme.

À Chautara, chef-lieu du district, à environ 320 kilomètres au nord est de Katmandou, l’hôpital principal a subi des dégâts importants lors du séisme du 25 avril. Avec l’appui d’équipes médicales étrangères, dont la Croix-Rouge norvégienne, l’OMS est entrée en action. Elle a organisé le déploiement d’une unité médicale mobile de 60 lits pour fournir une large gamme de services de santé essentiels: soins des blessés, réduction des fractures, accouchements des femmes et délivrance des médicaments par une pharmacie bien fournie.

Le district le plus touché du Népal

«Le district de Sindhupalchok est celui qui a subi les pertes les plus importantes au Népal avec plus de 2000 morts et encore plus de blessés», déclare le Dr Elena Mulmi, médecin à l’hôpital de district de Chautara. «L’hôpital a été entièrement endommagé et nous avons déménagé ici», ajoute-t-elle en montrant une série de bâches et des abris provisoires servant de cliniques. Ces structures temporaires sont recouvertes d’une grande toile aux couleurs de l’arc-en-ciel, surnommée «le chapiteau» par les locaux.

«Nous étions incapables d’amener tout le matériel de notre hôpital pour les soins des blessures et les sutures. Mais le nouvel hôpital mobile est bien équipé avec la planification d’un service de chirurgie orthopédique qui a déjà accueilli certains de nos patients, explique t elle. Je pense que cet hôpital apportera beaucoup à la population de Sindhupalchok.»

La Croix-Rouge norvégienne a déployé à Chautara une grande équipe comportant des médecins, des infirmiers et des logisticiens. Mais Ranveig Tveitnes, chef d’équipe adjoint de l’hôpital mobile, dit que l’élément indispensable est d’unir les efforts à ceux du personnel de santé local.

«Les docteurs népalais ont travaillé dans un dispensaire provisoire à proximité pendant la première semaine après le séisme et ils ont accompli un travail formidable, déclare-t-elle. Ils s’intègrent maintenant à notre équipe et leurs médecins et infirmiers travaillent avec nous. Leur pharmacien s’occupe de notre pharmacie. Nous travaillons comme une seule équipe.»

Les difficultés de mettre en place un nouvel hôpital mobile

Ranveig Tveitnes indique que son équipe a rencontré plusieurs difficultés pour installer le nouvel hôpital mobile. Ils ont dû attendre plusieurs jours pour que leur équipement et leurs fournitures médicales sortent de l’aéroport de Katmandou, congestionné par l’augmentation énorme du trafic depuis le séisme. Et pour amener le matériel jusqu’à la ville éloignée de Chautara, il a fallu emprunter des routes couvertes de débris et serpentant à travers les montagnes. «Mais nous y sommes arrivés. Nous avons beaucoup dégagé les routes et cela a pris plus de temps que prévu pour venir mais qu’attendre d’autres après un séisme?» reconnaît-elle.

On prévoit de traiter plus de 150 patients par jour dans l’hôpital mobile. Les problèmes de santé seront liés à ceux de l’hygiène et de l’assainissement, au risque d’épidémies de maladies transmissibles, dont les affections diarrhéiques, ainsi qu’à des difficultés pour atteindre les régions les plus éloignées.

Une coopération étroite entre les équipes népalaises et étrangères est cruciale

La coordination des diverses équipes médicales, népalaises et internationales, est essentielle, reconnaît le Dr Ramesh Vikram Singh, Directeur de la santé pour la région centrale du Népal, incluant le district de Sindhupalchok. «De nombreux établissements de santé ont subi des dégâts et les services hospitaliers ordinaires ont été interrompus. C’est un grand problème, explique-t-il à l’ombre de l’hôpital de district endommagé. Le défi est maintenant de s’occuper des dégâts subis par les services de santé périphériques.»

Pour résoudre ce problème, la collaboration étroite entre les équipes népalaises et étrangères devra se poursuivre, selon le Dr Ian Norton, chef de l’initiative de l’OMS pour les équipes médicales étrangères. Il pense qu’il est crucial d’associer l’expertise et les connaissances locales népalaises aux compétences, à la logistique et à l’expérience des situations d’urgence apportées par la Croix-Rouge norvégienne.

«Nous allons bientôt ne plus voir qu’une seule équipe, népalaise et norvégienne de la Croix-Rouge, travaillant ensemble à Chautara et venant en aide aux villages des alentours», observe le Dr Norton tout inspectant le dispensaire mobile.

Ce travail d’équipe sera crucial dans les mois à venir à l’approche de la mousson, alors que les services d’hygiène et les systèmes d’assainissement interrompus augmenteront le risque de recrudescence des maladies transmissibles, dont la diarrhée. L’OMS renforce sa propre présence dans le district en envoyant du personnel supplémentaire dans le cadre de la réponse du système des Nations Unies aux besoins humanitaires à Sindhupalchok.