La Sierra Leone achève une campagne de santé et de vaccination de quatre jours

Mai 2015

Après le début de la flambée d’Ebola en 2014, les pays fortement touchés ont suspendu toutes les campagnes nationales de vaccination de masse contre des maladies comme la rougeole et la poliomyélite. Cette décision a été prise à titre de précaution car, en général, les campagnes de vaccination impliquent de grands rassemblements quand les parents amènent leurs enfants se faire vacciner.

Pendant la période de large propagation du virus Ebola, les autorités sanitaires ont averti que les grands rassemblements exposaient les gens au risque de contracter la maladie à virus Ebola. Toutefois, cette mesure de précaution prise par nécessité pour contenir le virus Ebola a entraîné une baisse de la vaccination des enfants. Alors que le nombre de cas d’Ebola a décru depuis le pic de la flambée, les pays envisagent de restaurer les services de santé essentiels, comme la vaccination systématique.

Dans le cadre de cet effort, l’OMS a travaillé en étroite collaboration avec les autorités de la Sierra Leone et les partenaires pour planifier et superviser la campagne nationale récente, la Semaine pour la santé de la mère et de l’enfant. Celle-ci visait à administrer à plus de 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans les vaccins indispensables. De plus, l’état nutritionnel des enfants a été mesuré, des comprimés antiparasitaires ont été administrés et des tests de dépistage du VIH ont été proposés aux femmes enceintes et à leurs partenaires.

Bien que la lutte contre le virus Ebola ne soit pas encore terminée, ces premiers efforts de relèvement entrepris sont des signes positifs indiquant que les pays touchés prennent le chemin d’un retour à la normale. Ce reportage propose un témoignage direct des actions de cette campagne sur le terrain.

Le Chef suprême Bai Shebora Gbereh III de la chefferie de Kafu Bulom (district de Port Loko) tient sa fille de trois mois alors qu’on lui administre des gouttes de vitamine A, Sierra Leone
OMS/S. Gborie

Encourager les communautés à faire vacciner les enfants

Le Chef suprême Bai Shebora Gbereh III de la chefferie de Kafu Bulom (district de Port Loko) tient sa fille de trois mois alors qu’on lui administre des gouttes de vitamine A. Il est important pour lui de venir en personne car cela encourage la participation des autres membres de sa communauté. Depuis le tout début de la flambée d’Ebola, le nombre des parents et des enfants venant dans les établissements de santé pour ces services gratuits a baissé. La campagne a également comporté des évaluations de la malnutrition, la distribution de comprimés antiparasitaires, le conseil sur le VIH pour les femmes enceintes et leurs partenaires et les vaccins pour les enfants qui ne sont pas à jour dans leur programme de vaccination systématique.


Dans la communauté de Newton, en périphérie de la capitale, Freetown, des superviseurs compilent les données sur le nombre de personnes couvertes par la campagne, Sierra Leone
OMS/S. Gborie

Supervision des activités de vaccination

Dans la communauté de Newton, en périphérie de la capitale, Freetown, des superviseurs compilent les données sur le nombre de personnes couvertes par la campagne. «La supervision des activités de vaccination est essentielle pour le succès de la campagne. Elle comporte l’encadrement des activités avant la mise en œuvre, le contrôle de la chaîne du froid, la formation sur le terrain, la collecte de données de qualité, etc.», explique le Dr Pamela Mitula, qui dirige le programme de vaccination de l’OMS en Sierra Leone.

L’OMS a aidé le Ministère de la Santé à recruter et à former plus de 100 vérificateurs indépendants et 60 superviseurs déployés dans tous les districts.


Mohamed Kanu, vaccinateur dans le village de Maja Bama, dans la Zone rurale de l’ouest.
OMS/S. Gborie

Garantir la sécurité des vaccinateurs

La Flambée d’Ebola se poursuivant, des mesures supplémentaires de précaution ont été prises pour garantir la sécurité des équipes de vaccination, ainsi que celle des mères et des enfants. «Chaque fois que je m’occupe d’un enfant, je veille à me désinfecter les mains avec une solution hydro-alcoolique et à mettre de nouveaux gants», indique Mohamed Kanu, vaccinateur dans le village de Maja Bama, dans la Zone rurale de l’ouest. Les gants sont jetés dans des conteneurs de sécurité que les équipes amènent avec elles.


Dans le village de Maja Bama (Zone rurale de l’ouest), Mohamed Kanu, vaccinateur, mesure le périmètre brachial d’Abdul, assis sur les genoux de sa grand-mère, Sierra Leone
OMS/S. Gborie

Équilibre nutritionnel des enfants

Dans le village de Maja Bama (Zone rurale de l’ouest), Mohamed Kanu, vaccinateur, mesure le périmètre brachial d’Abdul, assis sur les genoux de sa grand-mère. On utilise cette mesure pour déterminer l’état nutritionnel. «Le mètre comporte des indicateurs verts, jaunes et rouges», explique Mohamed. «Si l’enfant tombe dans la zone rouge ou jaune, indiquant une malnutrition, il est adressé à un établissement de santé ou l’on donne des conseils aux parents pour les aider à rétablir l’équilibre nutritionnel de l’enfant.»


Lorsque les vaccinateurs ont visité une famille, ils marquent un code à la craie sur la maison, Sierra Leone
OMS/S. Gborie

Suivi et évaluation des progrès et du succès

Lorsque les vaccinateurs ont visité une famille, ils marquent un code à la craie sur la maison. «Le code que nous inscrivons sur la porte d’entrée indique le nombre d’enfants et de mères ayant bénéficié des services de santé et précise s’il faut revenir voir cette maison», explique Lucy Davies, vaccinatrice. Ce code est particulièrement important pour les superviseurs et les vérificateurs indépendants qui procèdent à des contrôles ponctuels des maisons pour évaluer les progrès et le succès de la campagne de vaccination et de santé.