L’Angola aux prises avec la pire épidémie de fièvre jaune en 30 ans

Mars 2016

L’Angola lutte contre une flambée de fièvre jaune qui a infecté plus de 450 personnes et en a tué 178, la première épidémie de cette maladie sévissant dans le pays depuis 30 ans.

De jeunes enfants montrent leur certificat de vaccination contre la fièvre jaune
De jeunes enfants montrent leur certificat de vaccination contre la fièvre jaune.
OMS/K. Nishino

La flambée, signalée en premier dans la capitale, Luanda, en décembre 2015, s’est propagée depuis lors dans 6 des 18 provinces du pays.

«De telles épidémies surviennent d’habitude dans les forêts tropicales humides», explique le Dr Sergio Yactayo, experts des maladies épidémiques à l’OMS. «La majorité des cas étant notifiée dans la capitale, Luanda, la situation est plus dangereuse et plus difficile à contenir parce que la maladie peut se propager facilement d’une personne à l’autre. Nous observons déjà des cas se propager dans un certain nombre de provinces en dehors de Luanda.»

Le virus de la fièvre jaune est transmis par des moustiques infectés, l’espèce la plus courante étant Aedes aegypti le même qui propage le virus Zika. La fièvre, les céphalées, les myalgies, les nausées, les vomissements et la fatigue font partie du tableau clinique. Une petite proportion des sujets infectés passent par une seconde phase plus sévère de la maladie, avec une forte fièvre, un ictère et des hémorragies internes. Au moins la moitié des patients gravement atteints meurent dans les 10 à 14 jours en l’absence de traitement.

L’Angola est l’un des 34 pays en Afrique où l’on observe la fièvre jaune et la vaccination antiamarile est recommandée.

La vaccination: une arme puissante, mais avec des problèmes d’approvisionnement

L’OMS a pris des mesures urgentes pour endiguer la flambée, en collaboration avec le ministère angolais de la Santé et les partenaires pour vacciner les populations dans les provinces touchées. Au 24 mars 2016, l’OMS et ses partenaires avaient vacciné 5,7 millions de personnes à Luanda contre la fièvre jaune en utilisant les vaccins de la réserve d’urgence du Groupe international de coordination.

L’OMS a mis en place un système de gestion de l’incident et elle a déployé environ 65 experts en épidémiologie, lutte antivectorielle, engagement des communautés et dans d’autres domaines pour appuyer la campagne de vaccination.

Le fonds de réserve pour les situations d’urgence, récemment créé par l’OMS, a versé 500 000 dollars (US $) pour permettre une intervention rapide contre cette flambée en Angola et le fonds OMS africain pour les urgences de santé publique a donné 289 83 dollars. L’OMS a également aidé à l’élaboration d’un plan d’action d’urgence pour fournir une somme supplémentaire de 3 millions de dollars provenant du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, afin de couvrir 50% du coût des vaccins pour la province de Luanda.

Stockage des vaccins

«La campagne de vaccination a été efficace jusque-là. Nous observons une baisse considérable du nombre des cas, en particulier à Luanda. Toutefois, il faut continuer et vacciner toute la population de Luanda et des provinces affectées pour mettre fin à l’épidémie. C’est un travail énorme nécessitant d’énormes quantités de vaccins», indique le Dr Yactayo.

Alors que des efforts concertés sont faits pour interrompre la flambée, il y a une pénurie mondiale de vaccins, la réserve d’urgence étant complètement épuisée. Il faut 1,5 millions de doses supplémentaires pour vacciner la population à risque rien que dans la province de Luanda.

Avec la propagation de l’épidémie à d’autres provinces angolaises et des nombres croissants de cas importés signalé par certains pays en Afrique, l’OMS demande de vacciner en priorité les personnes les plus exposées au risque. L’OMS est en discussion avec les fabricants et les partenaires pour détourner les envois de vaccins destinés aux programmes de vaccination systématique, jusqu’à ce que la réserve d’urgence soit reconstituée.

Les partenaires collaborant avec l’OMS et le Ministère de la santé sont les suivants : UNICEF, CDC (Atlanta), Groupe CORE, Médecins sans frontières, Medicos del Mundo, la Croix Rouge nationale angolaise et des organisations locales à base communautaire.

La fièvre jaune est signalée dans d’autres pays

Au cours de cette flambée, des cas de fièvre jaune se sont exportés dans d’autres pays avec les voyageurs, notamment en Chine, au Kenya et en République démocratique du Congo. La Namibie et la Zambie se tiennent en alerte contre d’éventuels cas importés.