Après les résurgences d'Ebola, le Liberia et la Guinée entament 42 jours de surveillance renforcée

Mai 2016

Les derniers patients connus atteints du virus Ébola au cours de la résurgence la plus récente de la maladie qui a frappé les deux pays ont maintenant quitté l’hôpital. Tous les contacts restants des cas confirmés qui avaient été placés sous surveillance médicale pendant trois semaines ont été déclarés comme non contaminés.

Deux jeunes garçons de 5 et 2 ans sortent du centre de traitement Ébola au Libéria
Ces deux jeunes frères âgés de 5 et 2 ans sont les derniers patients contaminés par la dernière résurgence d'Ebola au Libéria. Guéris, ils sortent du centre de traitement de Monrovia.
OMS Liberia/Peter Glee

Le Ministère de la santé du Libéria, l’OMS et les différents partenaires ayant pris part à l’intervention ont célébré au centre de traitement Ébola de Monrovia la guérison et la sortie d’un petit garçon de 2 ans, le dernier patient contaminé lors de la résurgence la plus récente qui a sévi dans le pays. Son frère de 5 ans s’était rétabli une semaine plus tôt. Le 29 avril, le pays est également entré dans une période de 42 jours de surveillance accrue, ce qui correspond à deux cycles d’incubation du virus de 21 jours.

Le dernier patient atteint du virus Ébola en Guinée, un homme de 70 ans, a obtenu un deuxième résultat négatif le 19 avril et a été chaleureusement accueilli dans son village, dans la préfecture de Macenta, dans le sud du pays. La Guinée a entamé son compte à rebours de 42 jours ce jour-là et pourra déclarer que la résurgence est terminée le 31 mai si aucun autre cas ne se déclare d’ici-là.

Une intervention transfrontalière

Cette dernière réémergence du virus Ébola a été connue le 16 mars, lorsque les autorités sanitaires guinéennes et l’OMS ont été informées d’infections et de décès suspects dans la préfecture de Nzérékoré, dans le sud du pays. Une étude rapide sur les cas a confirmé qu’il s’agissait d’un nouveau foyer de cas de maladie à virus Ébola.

Au total, dans les préfectures de Nzérékoré et de Macenta en Guinée, huit personnes sont mortes à cause de la maladie et deux ont survécu à la résurgence. La plupart des cas étaient issus de la même famille élargie. Plus de 1000 personnes pouvant avoir été en contact avec les cas confirmés ont été identifiées et, à la suite d’une sensibilisation intense de la communauté et d’actions de proximité, les contacts ont été placés dans leur grande majorité sous observation médicale pendant 21 jours.

Afin de contenir la contagion, 1500 contacts et contacts des contacts ont été vaccinés à l’aide d’un vaccin expérimental anti-Ébola. L’administration du vaccin fait partie d’un essai clinique en cours, dont les résultats détermineront l’éventuelle homologation du médicament.

Deux jeunes enfants africains assis sur des chaises de plastique entourés d'officiels
Francis Kateh, Ministre de la santé adjoint au Libéria, participe à la célébration de la sortie de 2 derniers patients infectés par le virus Ebola.
OMS Liberia/Peter Glee

Les efforts d’endiguement de la flambée en Guinée ont rencontré une certaine résistance. Certains contacts à haut risque ont disparu, notamment une femme dont le mari était mort de la maladie à virus Ébola. Les équipes de recherche épidémiologique ont ensuite découvert qu’elle s’était réfugiée chez des membres de sa famille au Libéria avec ses trois enfants.

Là-bas, elle a développé des symptômes de la maladie et elle est décédée le 31 mars, propageant la résurgence du virus Ébola dans ce pays. Deux de ses trois enfants ont également été infectés, mais ils ont survécu. Il s’agit du petit garçon de deux ans et de son frère de cinq ans qui ont été autorisés à quitter le centre de soins la semaine dernière.

Comme en Guinée, les autorités sanitaires libériennes et les partenaires se sont mis à pied d’œuvre pour retrouver rapidement les contacts identifiés des trois cas confirmés, plus d’une centaine au total, les isoler et surveiller leur santé, et pour renforcer les mesures de lutte contre l’infection dans les établissements de santé et au sein de la communauté touchée.

La coopération transfrontalière a également été intensifiée. Les Ministères de la santé de Guinée et du Libéria, en collaboration avec l’OMS et les Centers for Disease Control des États-Unis d’Amérique, ont mis en place des mécanismes supplémentaires d’échange d’informations, de surveillance et de coordination générale avec les partenaires de Nzérékoré.

Origine de la transmission

Le séquençage génétique des échantillons de sang des cas confirmés indique qu’il ne s’agit pas d’une réintroduction du virus Ébola par des animaux, mais plutôt que la source du virus provient d’une chaîne de transmission unique et connue qui semble pointer vers une exposition aux liquides corporels infectés d’un survivant.

L’OMS répète continuellement que des résurgences de la maladie à virus Ébola de ce type se produiront probablement pendant quelques temps, mais de moins en moins fréquemment, en raison de la persistance du virus chez certains survivants. Il a été établi que le virus Ébola pouvait vivre dans les tissus et les liquides corporels des survivants pendant plus d’un an.

L’OMS collabore avec les pays touchés par le virus Ébola afin de perfectionner la surveillance de ce virus et d’autres maladies infectieuses, et afin de renforcer les services de santé de façon à améliorer les soins cliniques, le dépistage et les conseils aux survivants.