République arabe syrienne: apporter une aide vitale à partir des pays voisins

Janvier 2016

Depuis l’adoption d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies à la mi-2014, l’OMS coordonne transport des fournitures vitales en République arabe syrienne à partir de son centre logisitique établi en Jordanie.

Des personnels de l'OMS vont à la rencontre de la population syrienne déplacée afuin d'établir les besoins
Des personnels de l'OMS vont à la rencontre de la population syrienne déplacée afin de recenser les besoins sanitaires les plus pressants.
OMS/R. Ziade

«Nous devons trouver un moyen pour transporter ces kits», confie Jennyfer Dulyx, de l’OMS, à son homologue d’une organisation non gouvernementale, à l’autre bout du fil, dans la ville de Deraa, en République arabe syrienne.

Allant vers une carte de la République arabe syrienne au mur, elle suit du doigt la frontière entre la Jordanie et la Syrie. Coordonnatrice de l’OMS pour le secteur de la santé et de la nutrition, basée à Amman en Jordanie, Jennyfer Dulyx gère la logistique de l’OMS pour apporter l’aide d’urgence de l’autre côté de la frontière, aux populations dans la partie sud de la République arabe syrienne.

Depuis l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies à la mi-2014, l’OMS coordonne transport des fournitures vitales en République arabe syrienne à partir de son centre en Jordanie.

«Mon travail consiste à faire parvenir des équipement chirurgicaux aux hôpitaux qui en ont le plus besoin», explique Jennyfer Dulyx. L’OMS collabore aussi avec d’autres partenaires comme l’UNICEF et l’UNFPA afin de procurer des médicaments et du matériel pour traiter les maladies non transmissibles et aider les accouchements. «L’aide sanitaire de l’OMS et de ses partenaires à Damas, qui est assez importante, ne peut pas couvrir tous les établissements qui en ont besoin. C’est pourquoi nous la complétons avec des actions à partir de la Jordanie», ajoute-t-elle.

Aide transfrontalière

Cette aide transfrontalière est centrée sur les établissements de santé en République arabe syrienne dans les zones comprenant Al-Jeezah, Busra ash-Sham, la ville de Deraa et Tal Shihab.

Pour desservir les zones où les services de santé sont compromis et leur livrer des fournitures, l’OMS procède, avec les intervenants locaux dans le domaine de la santé, à des analyses croisées des endroits signalant une augmentation des pilonnages d’artillerie, des blessés et des déplacements et utilise un système de cartographie des ressources sanitaires disponibles (HeRAMS).

Ce système est une base de données montrant le fonctionnement des établissements de santé et la disponibilité des services, des médicaments et des équipements. Faisant appel à des convois des Nations Unies, l’OMS coordonne ensuite, à partir d’entrepôts centraux, des expéditions de fournitures spécialement affectées.

«Nos kits permettent de soigner les blessures par traumatisme», continue Jennyfer Dulyx. «Il y a constamment des blessures nécessitant des interventions chirurgicales à cause du conflit en cours.»

Appui à partir des pays voisins

L’OMS fournit également un appui à partir de la Turquie, où elle travaille pour améliorer les compétences médicales des partenaires sanitaires en République arabe syrienne, notamment en matière de surveillance des maladies.

L’Organisation s’efforce également d’étendre la couverture des services de vaccination systématique en Syrie, un défi énorme car la plus grande partie du nord du pays est dans les mains de l’opposition.

«Nous persévérons malgré l’insécurité et les difficultés d’accès et nous continuerons à fournir toute l’assistance que nous pouvons à partir des plaques tournantes de l’OMS pour renforcer notre action», assure Jennyfer Dulyx.

Multiplier les livraisons de matériel chirurgical en 2016

L’aide transfrontalière de l’OMS en 2016 se concentrera sur l’amélioration du système actuel d’information sanitaire, sur le développement des livraisons de matériel chirurgical, sur l’extension et l’augmentation de la qualité des services de soins de santé primaires pour y inclure la santé mentale, la nutrition, et sur l’amélioration du système d’orientation-recours pour les blessés.

Près de 6,5 millions de Syriens sont déplacés dans leur pays et plus de 4 millions de réfugiés syriens vivent en Égypte, en Iraq, en Jordanie, au Liban et en Turquie.