Survivre à la guerre et lutter contre le diabète en tant que réfugié


5 janvier 2016

Environ 6% des réfugiés adultes en Jordanie souffrent de diabète

En 2012, Hammad Faleh, 32 ans, a fui la Syrie avec sa femme et ses trois enfants pour échapper aux horreurs de la guerre. Il a survécu à la guerre mais combat désormais une maladie chronique, le diabète, dans un nouveau pays, la Jordanie qui l'a accueilli.

Un réfugié syrien en Jordanie vient chercher son traitement contre le diabète qui lui est remis gratuitement
Réfugié syrien accueilli en Jordanie, Hammad Faleh vient chercher son traitement contre le diabète qui lui est remis gratuitement-
OMS/J. Swan

Sans accès aux médicaments, Hammad Faleh, pourrait mourir.

«Le diabète est une maladie que j’ai gérée pendant près de la moitié de ma vie», explique cet ancien professeur d’anglais, en s’asseyant dans la salle d’attente et en demandant à sa fille Sham de dessiner pendant qu’il s’entretient avec le personnel de l’OMS. «Mais depuis le début de la guerre en Syrie, j’ai du mal à contrôler mon état. Tout est devenu très difficile pour moi et ma famille», dit-il en attendant patiemment de recevoir l’insuline pour son diabète. Hammad a un diabète de type 1 depuis plus de 14 ans.

La Jordanie compte actuellement plus de 630 000 réfugiés syriens enregistrés et environ 85% d’entre eux vivent en dehors des camps dans certaines des zones les plus pauvres du pays. Une proportion importante d’entre eux entre dans la catégorie considérée comme extrêmement vulnérable.

Environ 6% des réfugiés adultes en Jordanie souffrent de diabète.

Gratuité des soins dans les camps de réfugiés syriens

Hammad dépend des services de santé fournis par les organisations non gouvernementales pour la prise en charge de sa maladie chronique. «Avant la guerre, nous vivions confortablement à Daraa et mon diabète était gérable», se rappelle-t-il.

«J’avais régulièrement accès aux médecins, à la nourriture qui convient pour gérer ma glycémie, et les consultations et les médicaments étaient gratuits. Mais les médicaments sont devenus très chers en Syrie, avec parfois un prix qui pouvait doubler ou même tripler. Il est devenu impossible de contrôler mon diabète. Nous venons désormais dans des dispensaires comme celui-ci pour le traitement», conclut-il.

À partir de novembre 2014, les réfugiés syriens enregistrés et vivant dans des camps ont eu droit à la gratuité des soins dans les établissements publics de Jordanie. En revanche, les réfugiés vivant dans les communautés paient le même prix que les Jordaniens non assurés. Bien que les tarifs soient subventionnés pour les personnes vulnérables, les coûts sont élevés pour les réfugiés comme Hammad.

«En moyenne, je paie 30 dinars (42 dollars US $) par mois pour mon traitement», explique Hammad. «Ce n’est pas facile car je n’ai pas de revenus réguliers. Je travaille de temps en temps dans un magasin de légumes, mais je suis souvent trop faible pour travailler à cause de mon diabète. Grâce à Dieu, personne d’autre n’est malade dans ma famille.»

En plus de la charge financière, il est très difficile pour Hammad de suivre un régime alimentaire à faible indice glycémique (avec des aliments comme des haricots ou des lentilles). «Le riz et le pain sont bon marché, mais nous n’avons guère les moyens d’acheter autre chose», dit-il.

L'aide de l'OMS

L’OMS aide le Ministère de la santé et les organisations non gouvernementales en Jordanie en fournissant des médicaments, en actualisant les directives nationales et en assurant des formations sur la prise en charge des maladies non transmissibles.