Des laboratoires mobiles permettent de diagnostiquer plus rapidement la fièvre jaune

28 juillet 2016

Avec plus de 5000 cas suspects de fièvre jaune et plus de 400 décès signalés en Angola et en République démocratique du Congo, établir un diagnostic précis est essentiel pour sauver des vies et mettre fin à la flambée épidémique.

Une fillette est vaccinée contre la fièvre jaune à Luanda, capitale de l'Angola
Une fillette est vaccinée contre la fièvre jaune à Luanda, capitale de l'Angola
OMS/D. Lourenço

«Poser le bon diagnostic est primordial pour traiter un patient atteint de fièvre jaune. Il est donc indispensable de disposer des capacités de laboratoire nécessaires pour rapidement identifier la maladie», explique le Dr Pierre Formenty, spécialiste des fièvres hémorragiques à l’OMS et responsable du Réseau de laboratoires travaillant sur les agents pathogènes émergents et dangereux (EDPLN : Emerging and Dangerous Pathogens Laboratory Network).

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques infectés. Cette maladie est difficile à diagnostiquer parce qu’elle provoque des symptômes similaires à ceux d’un certain nombre d’autres maladies, comme le paludisme ou la dengue.

Avec plus de 5000 cas suspects de fièvre jaune et plus de 400 décès signalés en Angola et en République démocratique du Congo, établir un diagnostic précis est essentiel pour sauver des vies et mettre fin à la flambée épidémique.

Il est crucial d'obtenir des résultats de laboratoire fiables et en temps utile

Dans presque tous les domaines relevant des services sanitaires, il est fondamental d’obtenir des résultats de laboratoire fiables et en temps utile pour pouvoir prendre des décisions, en particulier pendant une flambée épidémique.

Le diagnostic de la fièvre jaune est difficile à établir. On constate souvent des retards entre le moment où l’échantillon est prélevé et transporté, et le moment où il est analysé.

Le diagnostic de la fièvre jaune repose sur l’analyse d’un échantillon de sang pour détecter le virus. Aux stades avancés de la maladie, le virus est plus difficile à détecter. On a alors recours à des tests sanguins plus complexes (ELISA et séroneutralisation par réduction des plages de lyse) qui ne peuvent être réalisés que dans des laboratoires spécialisés.

Un laboratoire mobile pour accélérer le diagnostic

Afin de renforcer et d’accélérer le diagnostic, l’OMS a appuyé le déploiement en République démocratique du Congo d’un laboratoire mobile en provenance de l’Union européenne.

Ce laboratoire mobile dispose de l’équipement et des fournitures nécessaires pour tester des échantillons de sang pour la fièvre jaune. Emballé en plusieurs colis, il peut être facilement transporté et monté dans un centre de santé ou un bâtiment existant.

Le laboratoire mobile appuiera l’Institut national de recherche biomédicale en fournissant des capacités d’analyse à Kahembe, dans la province de Kwango, pendant une période de 3 mois. L’équipe, constituée de 5 spécialistes du travail de laboratoire internationaux et 2 nationaux, permettra de gagner un temps précieux grâce à l’analyse des échantillons sur place, évitant ainsi leur transport sur de longues distances. Entre 50 et 100 patients pourront recevoir leurs résultats en un jour.

Le laboratoire mobile de l’Union européenne a reçu le soutien du Centre de coordination des interventions d’urgence du service Aide humanitaire et protection civile de la Commission européenne (ECHO), en collaboration avec le Réseau mondial OMS d’alerte et d’action en cas d’épidémie et le Réseau de laboratoires travaillant sur des agents pathogènes émergents et dangereux.

Créer des capacités au niveau local pour des résultats durables

En plus du laboratoire mobile, deux experts de laboratoire de l’Institut Pasteur de Paris sont arrivés en République démocratique du Congo le 17 juillet pour apporter des capacités techniques supplémentaires.

En Angola, l’OMS travaille avec l’Institut Pasteur et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis d’Amérique pour former des techniciens de laboratoire à l’Institut national de santé publique afin de renforcer les capacités diagnostiques pour la fièvre jaune. Ce soutien comprend la mise en place de tests sanguins plus complexes (ELISA), l’un des principaux outils diagnostiques utilisés pour confirmer l’infection par le virus de la fièvre jaune, et la formation de 10 nationaux pour réaliser ces tests.

Du diagnostic à l’action

«En plus de permettre aux patients de recevoir le bon traitement, le diagnostic rapide aide à mieux planifier les interventions, par exemple en indiquant les lieux où des campagnes de vaccination de masse sont nécessaires dans les pays touchés», explique le Dr Formenty.

Des campagnes de vaccination réactive de masse en Angola et en République démocratique du Congo ont permis d’immuniser près de 14,5 millions de personnes. Ces campagnes de vaccination d’urgence ont été cruciales pour ralentir la propagation de la flambée épidémique.