La République islamique d’Iran en route pour vaincre les maladies non transmissibles

Juillet 2017

La République islamique d’Iran a mise en oeuvre les interventions essentielles sur les maladies non transmissibles destiné aux soins de santé primaire recommandées par l'OMS afin que les patients reçoivent un appui médical ciblé.

Deux Iraniienes devant un écran d'ordinateur
Les maladies non transmissibles sont la cause de plus de trois quarts des décès en Iran. Au cours des 20 dernières années, le taux de mortalité dû à ces maladies a augmenté de 14,5%.
OMS

Depuis les années 1960, la population urbaine de la République islamique d’Iran a triplé et l’espérance de vie a augmenté. Cela a néanmoins entraîne une augmentation de l'exposition au tabagisme, à la mauvaise alimentation et à la sédentarité, qui font partie des principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles (MNT), principalement les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, le cancer et le diabète.

Heureusement, les progrès sous la direction des plus hautes instances gouvernementales et soutenus par l’OMS pour réduire les effets dévastateurs des MNT avancent rapidement en s’appuyant sur une forte gouvernance et la collaboration entre tous les secteurs de la société.

Kolsoom, de la ville de Shahr-e-Babak dans la province de Kerman, fait partie des nombreux bénéficiaires. «On m’a récemment diagnostiqué un diabète», dit-elle. «J’en suis malheureuse mais au moins je sais que je peux prendre en charge mon état et en éviter les conséquences.»

Comme de nombreux Iraniens, une MNT a été diagnostiquée chez Kolsoom après la mise en œuvre en 2016 d'un ensemble d’interventions essentielles sur les maladies non transmissibles destiné aux soins de santé primaire recommandé par l'OMS.

Ces interventions, regroupées sous le nom d'IraPEN, font partie du plan iranien de transformation de la santé, lancé en 2014 par le ministère de la santé et de l’éducation médicale, pour instaurer la couverture sanitaire universelle, dont l’accès à la prévention et aux soins des MNT, ainsi que les services de santé mentale.

Des agents de santé montrent aux Iraniens comme Kolsoom comment gérer leurs pathologies, donnent l’accès à des médicaments abordables et les guident pour prendre de bonnes habitudes, comme de faire régulièrement de l’exercice et de manger sainement afin de maîtriser la glycémie.

IraPEN a été mis en route avec succès dans le cadre d’un projet pilote dans les quatre principaux districts du pays et son extension nationale a commencé dans au moins un district par province.

Grâce au plan de transformation de la santé, les 11 principaux médicaments essentiels pour traiter les MNT sont disponibles dans le système de santé publique dans tout l’Iran. Les prix d’importation ont également baissé (diminution relative de 26,5%). Presque tous les Iraniens (plus de 96%) sont couverts par l’assurance maladie, y compris 10 millions de personnes dans les zones marginalisées.

Objectif santé avec tous les ministères

La collaboration intersectorielle est essentielle pour l’appui intégré de l’OMS visant à accélérer les progrès dans plusieurs pays afin d’atteindre les cibles mondiales relatives aux MNT, à savoir réduire de 25% les décès dus aux MNT d’ici 2025 et d’un tiers d’ici 2030, conformément au programme de développement durable des Nations Unies.

L’Iran a intensifié son engagement politique au plus haut niveau pour combattre les MNT. Le Conseil suprême pour la santé et la sécurité alimentaire, dirigé par le Président iranien Hassan Rouhani, facilite la collaboration multisectorielle au niveau gouvernemental, adopte une approche dite de «La santé dans tout» considérant que la santé faite partie intégrante de toutes les politiques, qu’il s’agisse par exemple d’agriculture, de commerce ou de planification urbaine.

De plus, le ministère de la santé et de l’éducation médicale a mis en place un comité national des MNT pour coordonner le plan d’action national dans ce domaine. Les autorités sanitaires ont signé des accords avec de nombreux ministères et organisations, par exemple dans les domaines du sport et de l’éducation, pour collaborer dans la lutte contre les MNT, par exemple en promouvant des modes de vie plus sains et en produisant des aliments plus sains.

«Il faut encourager l’exercice physique dans les lieux de travail et les écoles», déclare le Président Rouhani. «Il faut former les gens et les encourager à avoir une alimentation saine et à avoir une activité physique suffisante. Il faut réduire la consommation de sel, de sucre et d’acides gras. Dans tous les secteurs de notre société, les personnes, le gouvernement, les ONG, les organismes caritatifs ont une responsabilité partagée pour la santé et doivent collaborer les uns avec les autres.»

Des mesures cruciales pour changer les comportements

De telles mesures sont cruciales en Iran, où les MNT sont la cause de plus de trois quarts des décès. Au cours des 20 dernières années, le taux de mortalité dû à ces maladies a augmenté de 14,5%. La probabilité qu’un Iranien adulte meurt prématurément (entre 30 et 70 ans) d’une des quatre principales MNT est désormais de 17%.

Il est possible de combattre l’épidémie des MNT dans tous les pays, mais l’engagement à haut niveau est essentiel. En Iran, les plus hautes instances du pays montrent clairement leur appui.

«L’Iran est unique dans sa façon de mobiliser son système et de tirer parti de sa situation pour lutter contre les MNT», indique le Dr Asmus Hammerich, du Département des MNT au Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale. «De nombreux engagements ont été pris dans tous les secteurs, y compris politique et économique.»

Des objectifs réalisables

Conformément à son sixième Plan de développement national, l’Iran a récemment annoncé une augmentation de son budget pour les MNT de 450 millions d'euros (480 millions de dollars US $) par an pour les 5 prochaines années, montrant ainsi que l’action dans ce domaine est cruciale pour son avenir.

Les facteurs de risque alimentaires, associés aux maladies cardiovasculaires, au diabète et à l’obésité, font l’objet d’une grande attention. La Food and Drug Administration demande aux fabricants de reformuler leurs produits afin de contribuer à un environnement favorable à la santé en augmentant la disponibilité d’aliments plus sains.

Depuis 2016, l’Iran a introduit un système d’étiquetage des aliments par des «feux de signalisatio »; des règlementations sur le sel, le sucre et les matières grasses; et des restrictions sur les importations d’huile de palme et d’aliments qui en contiennent.

En conséquence, les teneurs en sel dans le fromage frais ont baissé de moitié, de 4% à 2%. Les niveaux d’acides gras trans dans les huiles de cuisson utilisées à domicile et dans l’industrie agroalimentaire ont été ramenés à moins de 2% et 5% dans le cadre d’un effort pour réduire de 10% les matières grasses dans l’alimentation des Iraniens.

Les teneurs en sucre dans les boissons aromatisées, pétillantes ou fruitées sont passées en dessous de 10%. Une campagne de promotion de la santé pour combattre l’obésité informe la population des avantages d’une alimentation saine et de l’exercice physique. Le but: une société plus saine où les MNT ne menacent pas le bien être de la population.

«La République islamique d’Iran montre aux pays et au monde qu’il est faisable de riposter à l’épidémie de MNT», souligne le Dr Oleg Chestnov, Sous-Directeur général à l’OMS pour les MNT et la santé mentale. «Grâce à l’engagement politique et à l’action de l’ensemble du gouvernement, des progrès sont accomplis pour améliorer la santé des Iraniens, en les protégeant des MNT et en leur dispensant les soins nécessaires.»