Action de santé à visée humanitaire

Sommet mondial sur l’action humanitaire: les 5 points que l'OMS voudrait voir examinés

Du 23 au 24 mai 2016, la communauté mondiale se réunira à Istanbul en Turquie pour le Sommet mondial sur l’action humanitaire afin de partager les meilleures pratiques dans ce domaine et de déterminer le programme de l’action humanitaire pour les années à venir.

Ce sommet marque l'aboutissement d’un processus mondial de consultation auquel participent huit régions et plus de 23 000 parties prenantes. Dans ce cadre, l'OMS a présenté un document d’orientation recommandant que la santé soit être au cœur de l’action humanitaire. Voici les cinq principales recommandations contenues dans ce document:

1. La santé et le bien-être des populations affectées sont le but ultime de l’action humanitaire

Quel que soit le type d’événement, catastrophe naturelle, conflit ou épidémie, il s’accompagne toujours de risques pour la santé. Les enquêtes des Nations Unies révèlent que la santé figure toujours dans les trois premières priorités pour les populations en situation de crise.

2. Les risques que les situations d’urgence humanitaire font peser sur la santé n’ont jamais été aussi élevés et ils s’aggravent encore.

Au cours des dernières décennies, nous avons assisté à des événements majeurs entraînant des risques énormes pour la santé des populations, comme des catastrophes naturelles (le tremblement de terre en Haïti par exemple), des conflits (en Syrie par exemple) ou des épidémies (la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest par exemple).

Il y a actuellement dans le monde 80 millions de personnes en situation de crise et ayant besoin d’assistance.

3. Les situations de conflit prolongé font partie des plus graves menaces auxquelles la santé et les agents de santé sont confrontés dans le monde.

On estime que 60% des décès maternels évitables et 53% des décès d’enfants de moins de 5 ans surviennent dans les situations de conflit, de déplacement de populations et de catastrophe naturelle.

Les attaques perpétrées contre les services de santé sont une autre des caractéristiques dérangeantes des conflits d’aujourd’hui. Un rapport de l’OMS a constaté qu’en 2014, 603 agents de santé étaient morts lors de violentes attaques commises pendant des situations d’urgence humanitaire.*

4. Les crises provoquées par des épidémies imposent aux communautés de la santé et de l’action humanitaire de collaborer

La crise d’Ebola en Afrique de l’Ouest a marqué «un tournant pour la santé dans le monde». Elle a montré qu’il fallait que l’OMS ait une puissante capacité de riposte. Mais l’OMS ne peut pas gérer des crises de ce type à elle seule. Les communautés de la santé et de l’action humanitaire doivent collaborer plus étroitement.

5. La gestion des risques sanitaires est essentielle: la préparation paye à tous les niveaux, au niveau des pays, au niveau régional et au niveau mondial

En gérant les risques pour la santé, les populations peuvent mieux se relever et retrouver des moyens durables de subsistance après une catastrophe.

Le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, adopté par 187 pays, met la santé au cœur de la politique et de l’action mondiales pour réduire les risques liés aux catastrophes.

*Rapport effectué à la demande de l'OMS sur la base d'informations de sources secondaires