VIH/sida

Infection à cryptocoque et VIH: ce qui est nouveau et qu'il faut savoir


1 mars 2018

1 – Infection à VIH à un stade avancé: elle demeure un problème important. Malgré des projets majeurs au cours de la dernière décennie dans l’extension de l’accès au traitement antirétroviral (TARV) et la baisse des décès liés au VIH, jusqu’à la moitié des personnes vivant avec le VIH se présentent dans les services de soins à un stade avancé et nombre d’entre elles continuent de mourir d’infections opportunistes. Il nous faut trouver de meilleurs moyens d’identifier et de prendre en charge l’infection à VIH à un stade avancé si nous voulons atteindre la cible mondiale de réduire de 50% le nombre des décès dus au VIH d’ici 2020.

2 – Méningite à cryptocoque: c’est une infection opportuniste grave et une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH à un stade avancé. On estime qu’à l’échelle mondiale, elle est responsable de 15% des décès, dont les trois quarts surviennent en Afrique subsaharienne. On estime que chaque année 223 100 cas de méningite à cryptocoque provoquent 181 000 décès chez les personnes vivant avec le VIH.

3 – La plupart des décès dus à la méningite à cryptocoque surviennent dans des pays à faible revenu. Souvent, le diagnostic n’est pas posé assez rapidement faute de tests et de ponction lombaire. Les médicaments antifongiques de première intention sont coûteux et souvent indisponibles pour sauver la vie des sujets infectés. Un autre facteur important est la capacité limitée dans les pays à faible revenu pour suivre et prendre en charge les complications pendant le traitement, dont la toxicité des antifongiques, l’augmentation de la pression intracrânienne et le syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire.

4 – En mars 2018, l’OMS a publié une version actualisée de ses lignes directrices pour le diagnostic, la prévention et la prise en charge de l’infection à cryptocoque chez l’adulte, l’adolescent et l’enfant infecté par le VIH (Guidelines on the diagnosis, prevention and management of cryptococcal disease in HIV-infected adults, adolescents and children). On y trouve des recommandations nouvelles ou actualisées et un guide sur les bonnes pratiques dans les domaines suivant :

  • la méthode optimale pour diagnostiquer la méningite à cryptocoque;
  • la prévention de la méningite à cryptocoque par le dépistage des sujets ayant une infection à VIH à un stade avancé au moyen d’un test antigénique et le traitement au fluconazole de ceux qui donnent un test positif;
  • des traitements antifongiques plus courts, plus sûrs et plus efficaces de la méningite à cryptocoque au moyen d’un schéma thérapeutique d’une semaine associant l’amphotéricine B et la flucytosine pendant la phase d’induction. On a montré que ce schéma réduisait la mortalité de 38 % par rapport au schéma de deux semaines recommandé auparavant. Il est également plus sûr et réduit de 69 % le risque d’anémie (complication fréquente des médications antifongiques), par rapport au schéma antérieur ;
  • des moyens pour prévenir, suivre et prendre en charge les complications résultant du traitement de la méningite à cryptocoque, dont la toxicité des médicaments antifongiques;
  • des mises en garde contre l’administration systématique des corticoïdes pour le traitement de la méningite à cryptocoque; et
  • le moment le plus opportun pour démarrer le traitement antirétroviral chez les sujets ayant une méningite à cryptocoque.

5 – La mise en œuvre des nouvelles lignes directrices de l’OMS contribuera à améliorer le diagnostic, la prévention et le traitement de l’une des infections opportunistes les plus courantes chez les personnes à un stade avancé de l’infection à VIH. Elle permettra aussi de réduire la mortalité liée au VIH au niveau mondial et, plus particulièrement, en Afrique.